Affichage des articles dont le libellé est miracle. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est miracle. Afficher tous les articles

samedi, novembre 5

L'Homme est une île.





J’ai décidé d’oublier, je suis une île en plein océan, je n’ai pas de télé, je n’ai pas de radio, poupée de cire, poupée de son.

J’ai décidé le temps d’un battement, de couper mes racines, mes ailes et le cordon, je flotte, légère, superficielle, un corps, un plancton.


Je suis une île, le ciel en dessus est immense.
Les souvenirs sont des chaînes, la pensée de déchaîne, à quoi bon leur céder le soleil ? Ils voudront les étoiles, ils voudront le sommeil.


J’ai décidé de partir -dans ma tête- de temps en temps : je tire les fils, débranche les prises, éteins le wifi, et plus rien ne m’atteint, tout semble si loin…et le monde retrouve ses dimensions.

A quoi bon se démener, rien ne change, des volontés se brisent et d’autres s’arrangent.
Les faiseurs de pluie et du beau temps ne m’auront pas.

Un papillon ! Je ne porte que la couleur de mes pigments, je n’ai pas d’épaules pour les fardeaux, je n’ai pas d’oreilles pour les rumeurs, je n’ai pas de mémoire pour les adieux.

Aujourd’hui, je n’ai pas de nom, je n’ai pas de patrie, je n’ai pas d’âge, pas de vécu. Aujourd’hui, je suis l’être humain, parmi les 7 milliards que nous sommes devenus, un corps en marche, un esprit libre, et pas de serment, pas de sermons. 

 
Un poisson rouge, une tulipe sauvage, la femme est une plante, dit-on.
L’insoutenable légèreté de l’être, quand il est féminin, une mousse de soi, mousseline de soie.


Si je nous dessinais, j’épuiserais les couleurs de mes ailes, si je nous écrivais, j’épuiserais la sève des fleurs, et quand je me tais, quand ils se taisent, vient seulement le bonheur.

vendredi, mars 7

la "machine" que je suis


comment marchent nos 100 milliards de neurones, cette électricité survoltée qui se transmet de synapses en synapses ? des machines perfectionnées que l'homme n'a pas crée, 100 watts d'énergie émise, qu'on devrait exploiter alors que la baril dépasse les 100 dollars, de l'électricité génératrice de vie, d'idées ...alors que 5 litres de sang sont pompés par minute, soit la totalité du sang dans le corps, des milliers de cellules, se créent, des litres d'air pénètrent dans les poumons, des milliers de liaisons nerveuses s'établissent, des dizaines de muscles sont en contraction.
alors que nos cordes vocales vibrent que nos lèvres articulent les sons, nos papilles goûtent les mets, nos oreilles captent les bruits, nos mains agitent l'air que nous respirons...
des milliards de cellules qui grouillent de vie...qui se nourrissent, respirent, se divisent et périssent alors que nous courons derrière le bus, que nous somnolons devant la télé ou que nous grattons nos yeux fatigués...des milliers de bactéries, de virus nous attaquent chaque jour, dans un combat sans merci que le corps mène généralement dans le silence, nos lymphocytes se meurent en martyr, le corps entier en état d'alerte se prépare et s'arme, et juste devant la peau, à peine nous éternuons...il est un pouls en nous qui tient ce monde sous son règne, il est un souffle en nous qui orchestre par son chant, il est en nous un mot par quoi tout est dit : vie !
dans cette cohue du corps, cette minutie, ces engrenages qui s'emboîtent, tout est si fragile, tout est suspendu à un muscle, à un fil...à une inspiration de plus ou de moins...alors que le silence de la nuit m'envahit, c'est ce miracle du corps que j'entends à peine, mes battements sous ma peau, mes cils qui se ferment, mon souffle régulier...le son de mes mouvements. j'arrive imaginer dans ces moments entre la nuit et le rêve, les éclairs dans ma tête, mes veines remplies de sang, j'arrive à entrevoir mon coeur palpitant, mes poumons qui se gonflent et se vident en un temps...le fibres de mes muscles qui se raccourcissent ou s'allongent...ce n'est pas dans les moments d'immenses bonheur, ni dans la foule des gens, ni à la vue d'un être qui nous est cher, qu'on ressent en nous la vie, c'est dans la solitude de l'être, le calme froid de la nuit quand les pensées gravitent juste en dessus, quand le sommeil force les parages de la conscience, un immense sentiment de plénitude, de gratitude m'innonde, c'était un autre jour, encore un autre jour, mon miracle continue, le temps est encore passé sans m'abandonner.
100 milliards de neurones qui insufflent le sommeil, qui s'agitent dans mes rêves, qui se parlent et qui créent mes idées...100 milliards de neurones qui se meurent sans héritier, précieux dons divins au deuil de leur infertilité.

dimanche, février 3

les oubliés de l'histoire...


il y'en a beaucoup...ces gens qu'on voit sans voir... je parlerais d'eux, et seulement d'eux, ce qui touchent, sentent, entendent sans apercevoir...ils regardent a travers, leurs yeux sont des miroirs.
ces gens aux batons blancs qui serpentent comme nous des villes qu'ils connaissent encore mieux que nous. ils sentent le bruissement des feuilles d'automne, et quand vient l'hiver, ils entendent le bruit monocorde de la neige qui tombe et au printemps aussi, le chant des colombes et en été, sous le soleil de plomb, ils sentent la douce brise du vent et l'odeur iodée de l'eau salée. plus aveugles qu'eux...de tous les sens, nous n'utilisons qu'un , celui qui leur manque et ils en exploitent quatre, et un autre aussi que l'obscurité développe, comme une chauve souris..
leur cécité est une tare, leur manque de lumière nous rendrait peut-être fous, mais ils aiment ce monde, sans couleur, sans ombres et ils comprennent la valeur de l'or sans le voir, d'un ciel immense et bleu, d'un océan d'une mer...la beauté pour eux n'est pas une apparence, et s'ils ne voient pas, ils perçoivent enfin ce que le coeur recèle, comme le parfum d'une rose que la rosée exhale, ou le bruit millénaire qu'un coquillage entame, et le sable sous leurs pieds et la pluie sur les pavés...
ces gens pour qui le noir n'est pas une non couleur, pour qui le soleil nest pas lumière mais chaleur, il ne s'agit pas de ces orbites inutiles, ni de cet éclat perdu ni de ces lunettes noires qui cachent leurs yeux morts...il s'agit seulement de ce monde en noir sans blanc dont ils s'abreuvent et où ils vivent, de ces choses dont ils ne gardent que l'essence de la mémoire... de ces points en saillie qu'ils lisent, de leurs mains qui voient...
ça nous rend mal à l'aise de penser qu'on pourrait un jour ouvrir les yeux sans que la lumière soit, ça nous remplit de terreur, ça nous serre le coeur. et cet enfant né aveugle qui n'a jamais connu ce qu'est le vert d'un arbre ni le gris des nuages vit encore quand même et sourit aux passants et tend une main sûre à sa mère qui trébûche...