dimanche, avril 27

made in China


Cette folie des JO commence à m'atteindre... ces centaines de milliers de visages jaunes aux yeux bridés représentent à eux seuls le sixième de la population mondiale...je n'ai jamais pu aimer ce pays, au delà du Tibet et des génocydes, la méthode Chinoise me semble archaïque. mais quand la Chine se met à organiser les jeux olympiques, l'opinion publique dérape...
oui la Chine fait des dépassements, les droits de l'homme sont une utopie là-bas, mais est-ce une raison de politiser les jeux olympiques et d'en faire un débat sur les agissements chinois au Tibet...Possible...
Revenir au message primaire des jeux olympiques c'est remonter dans le cœur de l'histoire antique quand cette période signifiait un trêve des hostilités entre les différents états participants, cela pourrait signifier chine Tibet, aussi bien que chine monde.
boycotter les jeux olympiques pour une question des droits de l'homme est un fait historique :

Le tout premier boycott des jeux eut lieu lors de la rénovation en 1896. La Turquie refusa d'y participer compte tenu des nombreux antagonismes existant entre elle et la Grèce.

En 1956, les Jeux sont boycottés par les Pays-Bas, l'Espagne et la Suisse qui manifestent ainsi leur désaccord avec la répression Soviétique de l'époque en Hongrie . Lors de ces mêmes Jeux, le Cambodge, l'Égypte, l'Irak et le Liban furent absents en raison de la Crise de Suez.

En 1968 , 1972 et 1976, de nombreux pays africains boycottent les Jeux afin de protester contre les régimes d'apartheid sud africain. L'exclusion de la Nouvelle-Zélande est également réclamée, car son équipe de rugby s'était rendue en Afrique du Sud pour y jouer des matches. À Montréal, 21 pays africains et le Guyana manquent à l'appel.

En 1980, les États Unis et 64 autres délégations boycottent les jeux de Moscou en raison de l'intervention soviétique en Afghanistan. La France et encore le Royaume-Uni ne sont pas solidarisés à ce mouvement et se rendent à Moscou avec quatorze autres nations occidentales. En réplique au boycott, en 1984, l'URSS et 14 de ses pays satellites boycottent les jeux de Los Angeles sous prétexte que la sécurité des délégations n'était pas garantie et à cause de l'installation de fusées Pershing américaines en Europe de l'ouest. La Roumanie se distingua du bloc de l'Est en se rendant à Los Angeles.

En 1988, Cuba, l'Éthiopie le Nicaragua boycottent les Jeux de Séoul pour protester contre la mise à l'écart de la Corée du Nord dans l'organisation des Jeux.

Les enjeux sont de Taille, la Chine est écrasante et son spectre hante aussi bien l'Europe que les Etats Unis, sa montée en puissance dérange...son nationalisme est inquiétant et l'épineuse question Tibétaine reste en suspens.

Mais la Chine voit grand quand même, comme avec Hitler, Hu Jintao exploite l'argument qui pourrait cependant se retourner contre lui.


mercredi, mars 26

Ode à Syphax


j'y pensais depuis le début, une pensée pour Sfax, juste un peu différente et un peu décalée, du stéréotype de la ville haïe mais aussi de m'enliser dans le sentimentalisme de la ville chérie.
parce que Sfax a acquis a mes yeux cette distance critique qui me permettrait de l'écrire, et je sais que je ne pourrais verser avec les mots un peu d'amour pour cette ville qu'on fuit comme la peste mais qu'on m'a arraché un jour...
"la merde" des Français, cette citadelle qui la nuit, dans le silence, réparaient ses remparts bombardés, ou de cette autre Sfax, barricadée derrière ces murs qui à l'heure du déjeuner sentait le poisson et la marka, je parlerais peut-être de cette Sfax d'aujourd'hui, aux cubes en béton dans la chaleur écrasante des embouteillages, entre les vents du sable et l'odeur iodée de la mer.. Sfax d'hier.
comment décrire et résumer une ville, un parcours, un chemin, l'émotion est là, à chaque détour.
Sfax est polluée, Sfax et sectaire..Sfax est repliée comme une vieille dame qui ne veut plus quitter son lit, ni changer de vie... Sfax est hypocrite oui, derrière son visage de conservatisme dur, se cachent les méandres de la vie underground, de la jeunesse qui fuit, des parents qui se muent a 100 kilomètres plus loin...
Oui, Sfax meurt, se vide de ses gens qui ont fait d'elle une citadelle haïe, ses cinémas ferment, et ses fellas ont le goût du désespoir. La ville arabe est maintenant un souk géant, et les portes d'autrefois ouvrent sur le néant... de l'humble Sfaxien, il ne reste plus rien, on les disait avares, ils sont maintenant voyants, on les disait discrets, ils sont maintenant criards...de la douce monotonie des journées d'hiver, il ne reste que le terrible couvre feu implicite et sans nom...et dans les rues désertes du minuit qui sonne, une voiture fuyante, des phares qui s'allument, une radio qui résonne et puis plus rien...quelques pas fuyants, qui ont peur de la nuit parce que le noir sfaxien est intimidant.
mais Sfax est une famille nombreuse, où tout le monde se connaît, tout le monde se surveille, mais dieu que j'aimais ça ! ces visages familiers à chaque tournant de rue, ces sourires gratuits, ce sang partagé, et cette ville grouillante de cousins éloignés, reconnaître, jusqu'aux portes, les voitures, les passants, reconnaître un parfum, un arbre, les chansons.
j'essaie de fuir l'émotion mais elle me rattrape toujours, souvenirs d'amour, des rues et des gens...je n'y peux rien si on juge, si on condamne le communautaire, oui Sfax est orgueilleuse, mais je l'aimerais autant !
alors que d'autres ont fui la fumée des usines, le calme plat des rues et le Regard Inquisiteur, c'est par une pleine lune que j'ai quitté cette ville, je ne garde qu'un rectangle blanc sous le soleil d'avril. et retrouver sfax ne sera plus jamais un retour, mais juste une arrivée...sur cette longue route bordée de saules, et d'oliviers, le coeur s'emballe déjà ! et j'attends la première rafale de vent chargée de sable, j'attends le soleil brûlant dont seule Sfax a le secret.
je n'ai pas réussi a garder la distance, je n'ai pas réussi a décortiquer comme un scalpel la ville de mon enfance, quelque part encore, le sang reste là, le nom...la terre millénaire.

vendredi, mars 7

la "machine" que je suis


comment marchent nos 100 milliards de neurones, cette électricité survoltée qui se transmet de synapses en synapses ? des machines perfectionnées que l'homme n'a pas crée, 100 watts d'énergie émise, qu'on devrait exploiter alors que la baril dépasse les 100 dollars, de l'électricité génératrice de vie, d'idées ...alors que 5 litres de sang sont pompés par minute, soit la totalité du sang dans le corps, des milliers de cellules, se créent, des litres d'air pénètrent dans les poumons, des milliers de liaisons nerveuses s'établissent, des dizaines de muscles sont en contraction.
alors que nos cordes vocales vibrent que nos lèvres articulent les sons, nos papilles goûtent les mets, nos oreilles captent les bruits, nos mains agitent l'air que nous respirons...
des milliards de cellules qui grouillent de vie...qui se nourrissent, respirent, se divisent et périssent alors que nous courons derrière le bus, que nous somnolons devant la télé ou que nous grattons nos yeux fatigués...des milliers de bactéries, de virus nous attaquent chaque jour, dans un combat sans merci que le corps mène généralement dans le silence, nos lymphocytes se meurent en martyr, le corps entier en état d'alerte se prépare et s'arme, et juste devant la peau, à peine nous éternuons...il est un pouls en nous qui tient ce monde sous son règne, il est un souffle en nous qui orchestre par son chant, il est en nous un mot par quoi tout est dit : vie !
dans cette cohue du corps, cette minutie, ces engrenages qui s'emboîtent, tout est si fragile, tout est suspendu à un muscle, à un fil...à une inspiration de plus ou de moins...alors que le silence de la nuit m'envahit, c'est ce miracle du corps que j'entends à peine, mes battements sous ma peau, mes cils qui se ferment, mon souffle régulier...le son de mes mouvements. j'arrive imaginer dans ces moments entre la nuit et le rêve, les éclairs dans ma tête, mes veines remplies de sang, j'arrive à entrevoir mon coeur palpitant, mes poumons qui se gonflent et se vident en un temps...le fibres de mes muscles qui se raccourcissent ou s'allongent...ce n'est pas dans les moments d'immenses bonheur, ni dans la foule des gens, ni à la vue d'un être qui nous est cher, qu'on ressent en nous la vie, c'est dans la solitude de l'être, le calme froid de la nuit quand les pensées gravitent juste en dessus, quand le sommeil force les parages de la conscience, un immense sentiment de plénitude, de gratitude m'innonde, c'était un autre jour, encore un autre jour, mon miracle continue, le temps est encore passé sans m'abandonner.
100 milliards de neurones qui insufflent le sommeil, qui s'agitent dans mes rêves, qui se parlent et qui créent mes idées...100 milliards de neurones qui se meurent sans héritier, précieux dons divins au deuil de leur infertilité.

jeudi, février 28

footez-moi la paix !


quelqu'un m'a dit un jour que les tunisiens survivent par le foot ! c'est pas faux, c'est même honteusement vrai...décortiquons la journée type d'un tunisien moyen ou pas moyen, entre les articles de foot dans les journaux (d'ailleurs il ne lira que ça) et les deux chaînes de télé qui se battent en duel, et qui transmettent leurs émissions en jours alternés, comptons en plus les heures passés au café à regarder les matchs du championnat, des champion's league, européens, américains, africains, du championnat du monde et les matchs amicaux, des championnats espagnols, italiens, français, je n'oublierais certainement pas le temps passé sur les consoles de jeu, les ordinateurs, les portables, tout ce qui a un écran peut forcément abriter un ballon. Combien reste-t-il de temps pour faire autre chose ? pour les courses du dimanche, pour les sorties en famille, pour les visites à mamie? encore plus grave pour le boulot?
Marx s'étant trompé de drogue, je dirais que le foot est par excellence l'opium du peuple, que demander plus qu'une transmission en direct des meilleurs matchs de la saison, que demander de plus que des cafés avec écran géant ? noyé entre les jambes des joueurs mondiaux et médiocres, suivant d'un œil enfiévré la course folle d'un ballon, le tunisien n'aura pas le temps de se révolter contre le prix du lait, ni la flambée de l'essence.
cette MST (maladie socialement transmissible) résiste à tous les antidotes, le plus court chemin vers le cœur d'un homme, passe forcément par un stade.

mercredi, février 27

je suis écolo, je roule au café !


Bon, je sais pas si c'est une énergie renouvelable ou pas, mais je roule au café...Alors ça commence a huit heures, réveil pénible, nuit courte, longue soirée scotchée à l'ordinateur, les yeux qui piquent, je ne guéris de ma myopie qu'avec ma première tasse de café...ouf, je souris, je m'habille, enfin commence la journée, et puis y'a la récré de 10 heures, on voudrait pas rester seule quand tout le monde est à la buvette, et "un direct" pour la demoiselle, déjà je me sens encore mieux, puis vient midi, quand le déjeuner est fini, faudrait bien combattre les relents des siestes estivales, je bosse moi ! un café pour digérer et puis six heures passées, la fin des cours, et on se retrouve entre copains pour disctuter...dans un café. déjà je rentre fatiguée, y'a maman qui cuisine, j'ai encore ce test demain faudrait que je veille et que je révise, je tiendrais comment toute la soirée ?? bien sûr avec un café...ma caféine contient un peu de mon sang...je sais c'est grave, et ça m'arrive de suivre des cures de désintoxication, mais je retombe toujours en dépendance, je me dis c'est pas bien grave, c'est pas le nicotine tout de même ! mais ça m'alarme de dépendre d'un liquide chaud et noir...il faut dire que ça rappelle un autre carburant, l'or noir, d'ailleurs pour l'anecdote, le café est la seconde marchandise échangée dans le monde derrière le pétrole, donc ce serait plutot un combustible et non une drogue, et puis même si on lui attribue plusieurs méfaits, il apporte quand même des minéraux (potassium), de la vitamine PP et bien sûr de la caféine qui stimule le système nerveux. Bon, je sais il diminue aussi l'absorption de certaines vitamines B et du fer peut également "perturber" le sommeil. Ce qui est encore plus drôle, c'est que la consommation du café (tradition arabe au départ) fut interdite deux fois dans l'histoire, la première au Caire par le gouverneur, qui la rétablit sous menace de rébellion et une autre par le pape en personne qui la déclara par la suite boisson officielle pour lui voler la gloire des "infidèles" (les musulmans). donc c'est un acte culturel de la boire, c'est pas italien, non non non ! d'ailleurs la variété la plus appréciée (et la plus chère) et l'Arabica !
je me sens mieux tout d'un coup, on se retrouvé au café ??