mercredi, avril 21

Ils "volcan" les avions ? *


Ils volent quand les avions ? couloirs aériens dissous, des millions et des millions d'euros envolés là où ne volent maintenant que les oiseaux.

Icare, Icare ! Si tu savais qu'on finirait par comprendre qu'on se brûle les ailes au voler au dessus des nuages enfumés...les nuages islandais.

Revanche divine d'un Pays ravagé par la crise, allumons des cierges à ces saints qu'on croyait morts, réhabilitions leur olympe de Geyser, et le Marteau de Thor.
Monsieur Eggerston dit qu'il y est pour quelque chose, un peu de soufre, un peu de chlore, rendons lui sa BM format XL et il nous rendra le ciel.

Qui n'a pas quelque part, un parent, un ami coincé sous le firmament, dans un pays qu'il veut quitter maintenant, même s'il y fait beau, même si l'eau, est à la bonne température, l'embargo dure...

Hilarant, de voir ce ciel bleu sans point blanc, hilarant de constater que le monde a repris en quelques jours ses gigantesques proportions.

Tout est insurmontable : les mers, les Fjords, les Alpes et même les quelques kilomètres qui séparent des présidents d'un cimetière.

le printemps de Varsovie a été sanglant aussi, pas de roses hollandaises pour un mort aux ailes brisées, pas de chocolat belge, pas de chocolat français, même le cristal de Bohême n'y est pas, pas de brownies, pas de pizza.

les "naufragés du ciel" remplissent les aérogares, les âmes, et leurs valises s'égarent.

En zone internationale, on est nulle part, des caravanes dans un désert...
Nuage à l'ire si théâtrale et belle, rendez-leur le ciel !

dimanche, décembre 27

XY


Etre un homme…

Je ne parle pas de la pomme d’Adam, ni du reste…

Etre un homme et traîner en moi les gênes de la chasse, des combats pour le feu, les siècles de guerre, de viols, de crimes et de mort.

Etre un homme pour comprendre l’atrocité de ce monde et frémir de rage, pour serrer mes poings parce que je serais devenu civilisé et commander de sang froid les pires folies…

Etre un homme pour atrophier les glandes de mes larmes et atrophier le cœur et penser être bon, et penser être fort.
Je veux essayer ce poids en bas, et essayer surtout d’avoir leurs voix, je veux comprendre les méandres de leurs êtres et expérimenter par mes moyens leurs obsessions, leurs sensations.

Je veux savoir ce qui fait qu’ils ne comprennent pas, qu’ils regrettent peu, qu’ils se languissent pour le feu, pour lécher leurs brûlures un peu. J’aimerais savoir pourquoi un homme pense toujours avoir raison, pourquoi un homme ne regarde pas les ruines derrière, pourquoi un mâle garde toujours ses caprices d’enfant, qu’il réclame son dîner, qu’il ne fait pas son lit, qu’il attende patiemment qu’on lui épluche ses fruits.

Etre un homme, pour donner une cause au crime et donner une cause aux trahisons, à l’intolérant.

Je voudrais être un homme, pour essayer la dictature, pour essayer le vol, pour essayer le viol, pour panser mes petites plaies sans me préoccuper des morts, dehors…

Je n’accuse pas la testostérone, je n’accuse pas la verge…j’accuse l’histoire sanguinaire d’avoir fait des ces êtres à phallus des pilleurs de rêves et de tombes, et des femmes leurs douces et tendres qui soignent leurs plaies, calice à leur désir qu’ils abandonnent après.

Je veux être un homme pour me croire invincible.

Je veux être un homme pour oublier un instant les maux des êtres chers et être capables de ne penser qu’à moi, en moi, à mon nombril duveteux.

Etre un homme, un monsieur qui prie derrière l’Imam, un monsieur qui singe, et signe les destins et scelle, scelle les sorts, les torts et les cartons d’emballage de jaune…

Je ne parle pas de la pomme d’Adam...j’ai trop traîné ce crime, femme chassée du paradis, je veux glisser dans la peau de la malheureuse victime qui a suivi Eve et qui depuis, a tout fait pour faire de cette terre l’antidote de l’Eden…un enfer.

mardi, décembre 22

Petite, allume un feu...





L’hiver s’installe sous ma porte, dans les rafales de vent, il est là et quand claquent les portes, et quand les feuilles mortes ont fini depuis longtemps déjà, leurs courses folles jusqu’au sol…

Je ne les vois pas les gens qui se meurent de froid, on m’a parlé d’eux, on m’a dit: "ils sont là", derrière les portes closes des quartiers où on ne va pas, derrière les vitrines luisantes de nos cubes de béton, il y a de ces maisons où les briques percées, trouent la chair et les os…

Je ne les connais pas ces gens qui ne peuvent pas acheter du pain, Tunis est déroutante et trompeuse, même ces mendiants sourient et ce ne sont pas eux qui grelottent…

Tunis est trompeuse parce qu’elle cache ses blessés, son urbanisme débridé tourne le dos à la pauvreté…mais je sais, même si je ne les vois, je sais qu’il y en a des gens dans ma ville, sans visages, sans nom, qu’on côtoie dans les rues, qu’on frôle à peine parfois, des gens qui ont faim, une faim dévorante, de celle qu’on ne connaît pas…

Et parce que leur présence étouffe ma conscience, parce que ne pas les voir est bien plus invasif que de leur donner un visage et leur accorder un timbre, un « moi », je leur écris ce soir, je les montre d’un doigt absent.

Tunis est perfide, elle les terre dans son noir, dans les flancs de ses collines, dans les bas fonds de ses impasses, derrière le beau, les routes, derrière le calme et le bruyant…Mais Tunis ne m’aura pas…je les vois sans les voir, et leur absence est une torture…Ils rendent ma chance coupable et c’est bien ainsi, je ne me permettrais jamais les sachant dans les plis de ma conscience de dénigrer ma vie…je ne me permettrais jamais de me dire qu’"il y en a marre", que c’est laid, que je veux tout comme une enfant, leurs regards me tueraient…

L’hiver s’installe sous ma porte mais ma porte est close et le vent hurle et le vent frappe mais ne m’atteint pas…le prix du lait a beau grimper, j’en bois encore chaque matin…c’est dérisoire, c’est grandiloquent et futile mais je ne peux pas ne pas penser aux portes qui ne tiendraient pas…à ces cuisines lugubres et froides où l’on ne cuisine peut-être pas…

L’hiver s’installe sous ma porte et sous vos portes et sous leurs portes, mon hiver est juste dehors, mon hiver ne s’invite pas…

mercredi, novembre 18

Les fables contemporaines épisode 2


J’ai entendu parler d’un médecin…
Il guérirait la lèpre et soignerait les tumeurs, ils disent qu’il sait réparer les cœurs.

J’ai entendu parler de cette machine qui sait aimer et caresser les cheveux, et offrir une épaule sans partir un jour, garantie de dix ans, encore mieux que les statistiques humains, j’ai entendu parler que ça marchait très bien.

J’ai entendu parler de cette île où l’on va en toute saison et dont on revient rarement, où les cocotiers donnent des pêches, où l’eau est toujours fraîche, là où on ne meurt jamais.

J’ai entendu parler de l’amour et de la fidélité de loin en loin, je connais nos mythes urbains.

On leur ment quand ils sont petits, on leur dit que le mouton meurt dans les rubans de satin et qu’après l’orage, le soleil ne tarde pas, et que tous les oiseaux volent et qu’on sera toujours là pour eux…on a grandi, on reconnaît les râles de l’agonie et les tsunamis sans lendemain et le fioul dans les ailes blanches et on sait qu’il y a des aujourd’hui sans demain.

J’ai entendu parler une fois, de cette princesse endormie, qui attend et qui finit toujours par avoir ses enfants…et de ce nain souriant que la grotte ne dénigre pas…et des arbres qu’on ne coupe pas, et d’une planète à jamais bleue, et des jours toujours heureux, et des mois et des 24 heures…on m’a gavé de l’illusion du bonheur.
J’aimais croire avant, que tous les bobos disparaissent avec les baisers, que l’amour ne tarit jamais…j’aimais croire qu’il n’y a pas de vie sans printemps et que je savais reconnaître un sourire qui ment.

J’ai entendu moi aussi parler des monstres qui ne faisaient que grogner ou manger les enfants, je ne savais pas qu’il y en avait qui leur volaient leurs âmes…je ne savais pas qu’on pouvait haïr sans raison, et qu’on pouvait trahir et qu’on pouvait partir, sans un châtiment.

L’illusion du bonheur est comme le bonheur, reposante, surpuissante dans le fantasme de son éternité, l’illusion du bonheur est comme les sourires qu’on avait dans nos photos d’école, comme nos vieux albums…

J’ai entendu parler des rois cléments, des milles et une nuits, des sommeils sans rêves, des fleurs, des guis…je savais dessiner un soleil, et une immense maison, je savais colorer l’arc en ciel, je riais du beau temps.

mardi, novembre 10

Son gouffre de souvenirs


Viennent mes métaphores, viens ici poésie, il est passé minuit et je renâcle à pleurer, je renâcle à dormir, il me reste écrire.

Viens ombre hideuse à mon cœur insolent viens me couvrir que ton étreinte m’éreinte et que je puisse souffrir pour qu’enfin je trace des lignes de plaisir.
Rien ne m’appartient, le dictionnaire me nargue et l’Académie me rit mais je joue de leurs règles, je blasphème le français de mon prêche…toi LE mot impur, je ne peux rien faire sans ton absolution, je ne peux pas trouver le sommeil, ni trouver le mou, ni trouver le dur.

Toi Le mot impur, je me targue de t’ignorer, je me vante de te narrer, toi le mot tu portes ma désolation et le secret d’antan, tu me purifies et m’abjures.
Elle est triste ma prose, et je n’ai jamais su la faire poésie, mes cerceaux fuient d’amour pour elle, de haine vers elle et elle, n’a jamais fui.

Viennent vers mois les saules pleureurs et des visions de lac jonché de feuilles mortes, viennent vers moi les plaines, viennent vers moi les plaies et les amours inertes de l’aube qui rêvassait. N’oubliez pas le mot, oubliez un peu l’image, son silence ne vous tue pas ? Son silence ne vous brûle pas ? Des poèmes que je ne sais pas m’emplissent de bruit, et des chuchotements de bar, des confessions d’un soir, je ne suis que son, je ne suis que son…gouffre de souvenirs, et je l’enterre mille fois avec les mots pour le dire.