mardi 13 octobre 2009

MA langue dans LEUR poche ?


La langue dans la poche ?

Non, je ne l’arracherais pas de si tôt, je ne suis pas suicidaire pensez-vous, les métaphores jouent bien le jeu et le reste n’est qu’intelligence après tout.

Laissez-moi vous parler des couleurs…ma chambre est orange, pas révolutionnaire en soi, je ne suis pas ukrainienne de surcroît. Ma chambre est orange parce que l’orange est faussement chaud comme le vert est faussement froid.

Les couleurs qui en disent trop ne me vont pas. Le rouge est trop chinois et je n’aime pas le made in china, et le noir ? Deuil, crise de 29 et de 2009, je n’en veux pas.

Le blanc n’est pas de ce monde, j’ai depuis longtemps perdu l’illusion du pur…à moins que ce soit en architecture…

Et je n’aime pas le violet…je n’aime pas le violet, pour des cultures c’est la couleur de la pauvreté…le violet est gentiment esclavagiste…gentiment…faites abstractions, des prisons, des sous sols cachés, des rêves avortés et des poches...Oh les poches…

Et vous voulez que je garde ma langue dans ma poche ? Qu’ils vident les leurs alors, qu’on déballe tout et moi, moi je me tairais.

Voyez-vous je n’ai rien dit, je ne suis pas suicidaire aussi. Les métaphores jouent bien le jeu, si on leur laisse un terrain, je pourrais vous parler, vous raconter des histoires, des histoires de trains…et de Hegel qui attend au tournant…notre histoire ne va pas garder une seule couleur éternellement.

Je ne vous ai rien dit du jaune, j’aurais menti, j’aurais ri jaune, je vous aurais dit, je suis heureuse, heureuse de mes silences, de la nuit dehors et qu’importe, j’ai des bougies près de mon lit et personne chez moi ne sait ce que c’est que l’arrachage des matières cornées.

Moi je vais parier, vous savez quoi ? je vais parier que la liberté comprend mieux que la « cent sûr » et que mes couleurs ne gênent que les rétines et mes doigts…je l’aurais arrachée si je pouvais ma langue, mais rien est dit, j’écris…
Laissez-moi vous parler des couleurs…je ne peux pas, toutes les surfaces blanches sont rouges sang, et parme « zang »…je ne peux pas vous dire plus…je ferais mieux de voir en noir et blanc…

lundi 28 septembre 2009

J'écoute aux portes


J’écoute aux portes...Aux murs, aux vitres ouvertes, aux persiennes closes.

Pourquoi le fils du voisin crie quand il prend un bain ? pourquoi la télé des gens d’en face est toujours en bruit rose?

J’écoute les superpositions d’octaves des gens qui parlent dans les cafés bondés, j’isole les conversations des plus insignifiantes aux plus corsées.

Les mots des gens sont différents, leurs voix n’ont pas le même son…ils finissent sans le savoir par ne dire que le même sens, les gens ne savent pas que quand ils murmurent, leurs secrets ne murmurent pas…

Les gens ne savent pas qu’ils ont toujours les mêmes tabous, qu’ils se penchent pour dire les mêmes mots, qu’ils ont les mêmes hontes et les mêmes péchés, que d’aussi loin que les chemins se perdent, ils finissent toujours par se croiser.

J’écoute aux portes, il y a toujours des rumeurs, la femme de gauche veut divorcer, je ne sais pas qui restera : le grave indifférent, alto masculin, ou sa voix trahie en saccadé.

Les boîtes à lettres débordent parfois, des feuilles blanches qui violeront l’intimité des portes closes...Morceaux de bois fermant les pierres béantes…qu’aurais-je à écouter aux portes si les portes n’étaient pas là.

J’aime le bruit que fait le non dit, j’aime quand ça chuchote, quand ça traverse une paroi, une couche de non soi…ce n’est pas ma faute…ce n’est pas ma faute si…
Les vitres laissent passer l’air parfois, si les murs sont indiscrets, si on oublie de verrouiller…ce n’est pas ma faute si les lumières filtrent toujours, si je sais lire sur les lèvres, si je sais taire les voix qui me ciblent pour n’entendre que l’à peine audible.

J’écoute aux portes, et je ne me sens pas méchante pour ça. L’intimité est une notion de vue, une persistante rétinienne absolue, la voix n’a rien d’intime, antidote au silence, elle porte de nous une vitrine, elle nous expose, nous exhibe, entre les plis des robes, les replis des parois, contre les portes et épaisseurs des dalles, elle nous vend, nous prostitue.

Ne m’en voulez pas
J’écoute aux portes

Les gens disent de ces choses ! Ils sont tout le temps inquiets, ils crient sur rien et de temps en temps fusent leurs rires dévergondés, j’ai mes sons, j’écoute aux portes, j’ai mes raisons…les mots des gens sont différents.

mercredi 23 septembre 2009

vous parler de LUI




Un homme, aux cheveux blancs, le sourire bon des gens qui savent ce qu’ils ont semé, le sourire des gens qui rêvent ou qui ont rêvé…

Vous parler de sa main aux légers tremblements, de sa voix qui me récitait le coran, de ses livres et des pages qu’on tournait ensemble, du couffin qu’on tenait à deux, vous parler de lui, c’est vous parler du sang…

Il est un homme qui vous donne la vie, un homme qui vous porte dans son cœur et sur ses épaules, qui vous épèle les mots, qui soigne vos maux, qui vous prend par la main quand le chemin est long, qui vous montre le bien, qui vous donne ses yeux et la couleur de sa peau…qui vous injecte son amour et son savoir, qui vous quitte un soir…

Je vous parle d’un homme qui a offert une rose à maman et lui a écrit des lettres et lui a donné son nom, et cet homme est mon père …et que les gens ne meurent que si on les oublie, et papa est vivant…

Dans ces mots, et la mémoire, dans mes feuilles éparses, entre les plis de robes d’enfant, dans l’encens et les livres que je lis en son nom…il est dans ma voix, dans ma voie, dans les méandres de ma foi…il est là où le souvenir le porte, là où il a passé ses doigts.

Il me racontait sur la route des saules, la course folle des atomes et les poèmes d’antan, il me chantait –faux- des vieilles chansons, il parlait pendant des heures de son amour pour les fleurs, pour la vie, et les vivants.

Papa a marché sept kilomètres à pieds pour étudier, il a fabriqué son cartable…papa m’a montré que les belles choses sont celles qui sont trompées de sueur, papa est bon. Pas d’imparfait, ce serait le tuer et les gens ne meurent que si on les oublie, et papa est vivant.

Vous parler de lui, c’est vous dire les milles gentillesses et ses sourires, c’est dessiner son dos courbé sur les livres, vous parler de lui c’est l’esquisse de ma mémoire, c’est l’essence de mon savoir, et c’est vous parler d’un rectangle blanc.
Ils diront qu’il ne reste que ça, qu’un bout de terre et du marbre, mais je ne crois pas.

Ils diraient paix à son âme, l’homme finit avec son pouls, là ou commence la douleur, non, l’homme survit par la douleur, par le manque et par le vide, la mémoire d’un homme n’est pas un fantôme, c’est l’éther qui remplit le néant, qui se vide dans le rêve et se vide dans les mots et se vide dans le sang.
Vous parler de lui, c’est l’aimer mille fois, et ce n’est pas me taire… vous parler de mon père.

dimanche 20 septembre 2009

Ré capitule


Précédemment dans Wordtrash :

Après quelques essais de préambule, mima s’essaie à l’amour, à l’homme, à la femme, aux mots de ce monde, aux maux de ce monde…dépassé la nouvelle année, elle rit sur ses bêtises, sur ses cris, pleure sur sa ville, sur les vices…dénigre les légendes d’aujourd’hui, écrit décembre et les mots brisés en français…reprise après la panne et le championnat…le monde est toujours aussi con, elle ne pouvait pas dire autrement…réflexions sur les génuflexions de la Tunisie, trompée de chocolat et d’ennui, elle appelle sa maman d’aussi loin que porte sa voix et lui parle des gens, de leurs rêves, de leurs crimes, de leurs passions, de leurs trahisons…et elle finit la saison avec la société de consommation, mouton conscient parmi le troupeau, elle se rend compte un petit peu des bourreaux, des barreaux et avant de refaire son monde, elle sème des si, elle sème des oui…

mardi 15 septembre 2009

Anté- cèdant.



M’en veuillez pas si je tourne en rond, si je fume pour faire des ronds, si je baisse parfois la tête, si je courbe parfois l’échine, ne m’en veuillez pas de passer des fous rires aux larmes, de jouer les citadines, de se la jouer provinciale, de porter mes blue jeans et mes Ray ban…et dénigrer aussi, la coca cola.

Ne m’en voulez pas si je ne suis pas cohérente, si je suis croyante et féministe, si j’aime le rock et les seventies…si je suis la fille de mon temps et de croire encore au prince charmant.

Oui, je fais les boutiques avec un air nonchalant, oui je suis le pur produit de la société de consommation, mais j’arrive encore à pleurer, devant les documentaires où des enfants faméliques se font exploser en dessus des mines…

J’aime la french, et les bigoudis, et les jupes crayons, j’économise pour acheter un nouveau chemisier blanc, mais ça me fait un mal de chien de croire qu’en même temps, 3 femmes se font battre…et qu’une une minute, deux femmes sont violées au moyen orient.

Je ne supporte pas de voir la laideur, je ne supporte surtout pas la méchanceté, j’aime à croire qu’il y autant de gens bons que de belles chaussures. J’aime à croire qu’il y a autant de gens qui se démènent pour faire du bien que de gens qui dessinent les robes et qui testent les parfums. J’aime à penser que je ne porte pas de coton fabriqué avec les mains d’enfants. Que je ne marche pas sur des tapis qui ont abîmé les yeux de petites filles. J’aime à penser que comme la pub, la marque est lisse et sans secrets, que la sauce tomate concentrée est faite avec amour, que les vaches nous donnent leur lait de bon cœur.

J’aime à penser qu’il n’y a pas d’envers au décor…

Ne m’en voulez pas si je sais être superficielle, si je peux parler des heures des embouteillages et des recettes de pâtes et vous embêter aussi à propos de la pollution…je peux pleurer sur mon mascara qui coule, qui coule parce que j’aurai trouvé que les banquises qui fondent sont des maisons détruites pour les ours blancs.

Femelle mammifère parmi des milliards d’autres sur terre, je fais partie de cette espèce qui a colonisé toutes les niches et les continents, point parmi d’autres dans la mosaïque de la vie, je fais partie de ces êtres qui par chance sont le centre de leur vie…les rares que nous sommes d’être conscients que nous existons, et nous faisons de notre terre notre terrain de jeu et nous fabriquons et nous consommons…

J’aime à croire que je jongle entre deux fils et j’ai peur d’avouer que je ne sais tout simplement pas jongler. J’habite la jungle de la ville, je côtoie les fous et les charlatans, je passe devant les livres et les diamants…je m’arrache à ça, je me détache parfois…j’aime à croire encore, qu’il n’y a pas d'envers au décor.

jeudi 3 septembre 2009

Et si je...


Et si j’arrêtais de jouer ?
Et si je pleurais et si je frappais le sol de mes pieds
Pour retrouver un court instant
Ma rage d’enfant
Ma rage pure d’enfant, et que je boude et que je refuse de jouer le jeu
Et que je n’aie pas honte d’avoir l’air malheureux

Et si je ne voulais plus sourire et que j’ai eu trop mal à rire
Quand tout autour de moi est mort et quand c’est froid et quand c’est fort
Et que quand mes larmes menaçaient de me divulguer
J’avais trop tiré sur mes lèvres, trop joué mon sourire mièvre

Et si pour une fois, je dis non
Et que devant cette masse grise, de gens sains bien portants
Et que devant la foule d’indifférents et d’insouciants
J’exhibais mes plaies ouvertes…mes petits malheurs
Mes grandes déceptions

Et que quand viennent les soirs d’automne, je ne me cache pas derrière mes livres
Et que je parle, que je leur dise, que je vous dise le manque en moi, le vide en moi
Et ces années de deuil, et cette année d’abandon et le cœur qui chavire, le cœur qui désapprend

Si j’envoyais mes fleurs mortes, si je sortais mes placards
Pour déterrer en moi les fautes
Si seulement…si seulement

Mais je ne peux pas
Je ne peux plus laisser le masque et abandonner le troupeau
Je ne peux pas me suicider devant leurs yeux
Je ne peux pas montrer le faible
La jungle est là, la jungle est là…

Quand seule dans le noir
La nostalgie m’assaillit
Je ferme les poings, je compte les nuits
Et je terre le mal derrière l’ennui
Et je terre le souvenir derrière l’oubli

Et si j’arrêtais de jouer ?
Et si de mes gonds je sortais ?
Tant de si qui me scient
Tant de non, tant de mépris

Et quand tombera sur moi le soir
Quand le rideau frôlera mes pieds
Je laisserais libres
Ma hargne et les flots
Et l’énergie du désespoir

Je frapperais de mes pieds le sol
Je refuserais de jouer le jeu
Je n’aurais pas si honte que ça
D’avoir l’air malheureux

vendredi 21 août 2009

Ode A l'Obe


Plus de mots ce matin, une douce complainte monte du sol, le doux ronronnement de ma machine et les voitures qui font leurs chemins et qui saccadent de lumière, le sombre écrin de mes prières…
Plus de sens ce matin, je ne veux rien penser de plus profond que ma surface, je ne veux que ressentir la texture du plastique qui se tord et le doux froid qui m’endort…
Je n’aspire qu’à m’abreuver de ces petites leçons de vie, comment bruissent les arbres à l’aube, comment parviennent les bruits de loin, et le soleil encore timide qui se pointe à l’horizon…
Je me dis non, je n’écrirais rien sur le dedans, je me sens vide, je me sens flotter, mes pensées sont si futiles, devant le fil…que tisse l’araignée de ce balcon…mon cœur est bien trop petit devant la grandeur de l’horizon…
J’ai trop écrit autour de moi, j’ai trop parlé de mon nombril, de mes émois... et alors que le monde bouge, que le monde vit, que des gens meurent, j’ai peur…d’avoir trop raconté ma vie.
Il y a ce bruit de moteur, celui qui nettoie l’asphalte…il y’a ce bleu qui m’étreint, qui m’enveloppe comme un manteau de fraîcheur et le doux chant des oiseaux…le monde est beau.
Plus de pensées pour ce matin, je ne méditerais plus rien…je caresserais la surface de ma conscience, des ronds dans l’eau, le monde est beau.
Même la ville est poètique sans frénésie, même le bêton s’oublie…le minéral dans toutes ces pierres qui montent et montent…les minarets se perdent dans le sombre ciel qui s’éveille…
Mais l’instant de l’aube est fragile et ne dure qu’un temps…s’éteignent les feux des routes désertes quand de loin un rayon frôle le bitume…pluie de lumière, qui saccade le sombre écrin de nos prières.

jeudi 20 août 2009

De l'origine du Masochisme




J’habitais Sfax, j’avais 15 ans, fraîchement entrée au Pilote et visitant Tunis pendant les vacances, je ne manquais pas une occasion pour rendre visite à la libraire de la Rue de Russie, j’achetais des livres en gros, je lui disais : tout ce qui est bien, je m’en fous…il faut dire que je continue à lui dire la même chose et il pense toujours que j’habite Sfax et que je viens spécialement pour lui.

Et donc, à 15 ans, lors de ces visites étranges, j’achetais un livre étrange : « Vénus à la fourrure », je ne connaissais rien des « perversions » humaines voulues et assumées, je pensais que tout le monde n’aimait pas se faire mal...il se trouve que je venais de lire le livre emblématique de Léopold Von Sacher-Masoch…celui qui donna son nom au masochisme…

Le livre est assez curieux, il n’est pas choquant, dans le vrai sens du terme, quand on a lu Lunar Park et toute la compagnie des psychopathes américains déguisés en écrivains, un roman du 19ème siècle ne pouvait se comparer aux obscénités américaines…mais tout de même, ce livre est étonnant, je découvre un narrateur que je soupçonne d’être auteur, qui signe un contrat avec une femme, pour qu’elle le torture, qu’elle refuse toutes ses supplications, qu’elle le fouette…bien sûr, le tout dans un style à peine érotique où on a l’impression que ce n’est pas une relation amoureuse mais juste un pacte de torture…

J’en suis restée médusée…je découvris le masochisme…quelques années de maturité en plus, et d’observation surtout, je découvrais horrifiée que nous sommes TOUS masochistes…oui, tous, nous avons tendance à l’auto flagellation, nous signons un pacte avec nous-mêmes, de pleurer secrètement notre solitude et puis, nos problèmes de cœur, nous faisons un pacte pour stresser sur des choses tout à fait gérables, de se rendre malades à fumer des saloperies et de sortir les cheveux mouillés…

Moi par exemple, je sombre dans la dépression dès que je passe deux jours enfermée chez moi, et je pique des crises de colère quand je dois gérer 4 sorties par jour…je me lamente sur mon sort, et quand tout va bien, je relis d’anciens mails (le genre qui te font remuer le couteau dans des plaies à peine cicatrisées)…parfois je fais exprès de remuer mes anciens démons, et quand je sors dans un endroit où j’ai vécu un bon souvenir ET un mauvais souvenir et bien je fais exprès de faire ressurgir le mauvais moment..Rien que pour pincer mon cœur, je souffre donc, je vis…

Etre femme (ou fille, ou dame) suppose qu’on a une bonne dose de masochisme en nous, nous adorerions avoir des bambins qui nous feront voir de toutes les couleurs rien que pour les mettre au monde (il faut dire qu’ils nous font aussi entrouvrir le monde merveilleux de la maternité, mais pour développer, j’attendrais Mai) et nous ne voulons que les histoires impossibles…et notre devise : souffrir pour être belle!

Est-ce qu’ils souffrent EUX, pour être beaux ? même pas, ils ont leurs rasoirs qui vont bientôt être équipés d’anesthésiant local, au cas où ça pique un peu, 3 centimètres de cheveux sur leurs têtes qu’ils ne sont pas obligés de brushinguer ou de permanenter…et leurs poils ? Ils en sont fiers!

On se tape l’angoisse pour un rien, les hormones qui nous font pleurer sans raison et un amour génétique (programmé dans le chromosome X, actif que s’il y a un autre X avec) pour le chocolat.

En relisant le livre dernièrement, j’ai tiré la conclusion hâtive et définitive : sacher-Masoch est une femme !

mercredi 5 août 2009

du cri et d'autres démons


Depuis quelques temps je parle beaucoup, conséquence désastreuse j’écris peu…

Depuis quelques temps, je pense avoir perdu mon duvet de naissance, épilation spirituelle oblige, j’ai perdu l’espoir dans la force de l’encre ou du clavier et je crie comme tous les autres autour de moi…

Je crie dans ma voiture et je pense même que parfois je jure, timidement faut dire, laissez-moi du temps l’habitude viendra de solliciter la mère, le père, parfois une tante éloignée et les pauvres grands parents depuis longtemps enterrés.

Et puis je crie dans les cafés et les clubs bondés, avec un baffle à un million de hertz qui m’éclate les tympans, je préfère mieux le son de ma propre voix stridente, ce qui est marrant, c’est que la musique n’a pas intérêt à s’arrêter, parce que je suis généralement en train de médire avec la personne à droite de moi sur la personne qui est à gauche…je n’y peux rien, la faute à l’encre qui manque ou le clavier, comme il vous plaira.

Je crie parfois sur le frangin, cette manie qu’il a de jeter ses vêtements tout autour de l’armoire et jamais dedans, avant, j’en riais et bien maintenant, je suppose que mes voisins connaissent l’étendue de mes octaves et mon "sol" défaillant.

Et puis mes neveux, ce sont des enfants me direz-vous ? L’autre fois ma nièce a fait tomber un plat rempli de sauce rouge bien, rouge, bien huilée sur le sol que je venais de nettoyer…avant je soupirais, maintenant je hurle, à la pleine lune…au plein soleil !

Laissez-moi vous dire que j’entame enfin ma transformation en tunisienne pur sang, râleuse avec une voix super aigue, qui ne supporte plus les embouteillages en chantonnant une chanson, ma radio est en panne en plus ! Et je ressemble de plus en plus à maman, je finis par avoir son impatience, son côté maniaque…et les suraigus de sa voix !

Je lui disais toujours, maman, je ne crierais jamais comme toi, je parlerais calmement au téléphone (maman croit que quand elle parle avec mon frère qui est tout le temps à l’étranger, elle doit crier parce qu’il est loin.euh de quelques milliers de kilomètres), je lui disais, je ne crierais pas parce qu’il y a une miette au sol et je ne dirais rien à mes petits enfants qui jouent en sautant sur les canapés du salon…je lui ai dit ça…

Faut dire qu’il n’y a que les idiots qui ne changent pas d’avis, je ne suis pas une idiote, alors parfois, maman regarde calmement la télé et moi je hurle derrière mon petit neveu pour qu’il arrête de désordonner les coussins du salon ! Et parfois quand ma copine part à Hammamet, je pense qu’il est plus judicieux d’élever le ton, 60 kilomètres, c’est beaucoup tout de même, les câbles risquent de faire faiblir la voix…je vous le disais, voilà !

Le monde change…y’ a des gens qui ne connaissent plus le son de leurs voix, entre texto, mails et écrans interposés, dans la solitude des appartements de ville où les valises ne sont jamais défaites…

Je ne veux pas connaître ça, je veux qu’on m’entende de mille et une façons, qu’on dise, cette folle au volant, cette voisine énervante, cette tante hystérique…de toute manière, les gens parlent tout le temps et oublient aussi.

Et l’autre soir, dans les fiançailles d’une cousine, la musique s’est arrêtée pile avec « mais sa robe est moche » criée à tue-tête ! Maintenant, je fais plus attention aux chansons, j’anticipe leurs chutes…euh, et je ne parle plus de la mariée, je ne parle que des invités, un peu moins de rancune finalement.

samedi 2 mai 2009

étonne-moi !


Rien ne m’étonne, on poignarde de dos maintenant, rien ne m’étonne, des gens qui s’aiment divorcent pour un non de trop…les verres débordent maintenant, plus de fontaines, plus d’égouts, personne ne pardonne, et rien ne m’étonne maintenant.
Ils tuent des enfants, et vendent leurs organes, et reviennent chez eux, les mains sales de sang, regardent leurs petits sans broncher, sans trembler, rien ne m’étonne maintenant.
La terre souffre, s’asphyxie, l’ozone n’est plus une couche, l’ozone est une dentelle, et les ils continuent de déverser en mer le poison, nous, nous continuons à manger du poisson, ne me dites pas que cela vous choque, rien ne m’étonne dorénavant.
Ils violent les femmes, ils tuent les passants, ils arrachent les arbres, et se déclarent croyants, ils prient Allah, ils prient Yahvé, ils veulent tous aller au paradis, alors ils font de cette vie un enfer, et vous pensez que ça me surprend ?? Rien ne m’étonne comme avant.
Ils se disent démocrates, ils se disent républicains, et dans leurs prisons, le mot « droit » est un blasphème, la dignité est bafouée, des geôliers et des geôliers… qui rempliront, un jour, j’espère… les sept enfers…si quelqu’un croit que c’est choquant, c’est qu’il ne sait pas que rien n’étonne maintenant.
Ils se droguent, se défoncent, oublient de vivre, empoisonnent la vie des autres, ils tuent pour rêver, ils tuent pour mourir à feu doux, ils bousillent leurs nez, leurs cerveaux, leurs veines, leurs boyaux et croient qu’ils peuvent recréer la paradis sur terre même s’ils tombent toujours d’en haut, même s’ils souffrent, même s’ils pleurent…ils ont la vie devant eux, ils sont parfois jeunes, parfois vieux, il y a toujours quelqu’un qui tient à eux, mais ils préfèrent quand même se brûler, ils aimeraient se consumer…vous pensez que c’est irrationnel, je vous le dis, je suis blasée depuis longtemps.
Elles sont mères, elles sont femmes, elles élèvent leurs enfants, elle se battent chaque jour pour survivre aux coups, elles sont éminentes et respectées et tolèrent de rentrer dans des harems, et tolèrent de leurs maris, les coups et la stupidité…elles sont docteurs et même ministres mais n’ont pas le droit de décider leurs vies, leurs choix…on leur prend leurs enfants, on leur prend leur dignité, leurs noms, on leur prend l’amour et le bonheur, dans une société qui possède tout l’or du monde, des femmes ne peuvent même pas acheter, leur liberté…
Un autrichien séquestre sa fille et leurs enfants, pendant 23 ans…un hollandais mange son ami organe par organe et ce dernier est consentant, un égyptien brûle sa femme parce qu’elle a mal cuisiné…l’irakien tue l’irakien parce qu’ils n’ont pas la même secte mais juste la même religion…un petit américain extermine sa classe, parce qu’il pensait que c’était amusant. Un français tue un prêtre pour les paroles d’une chanson…
Le mal n’a pas de nationalité, n’a pas de culte, n’a pas d’âge, n’a pas de nom…il n’admet pas Une cause, il n’admet pas un oui, n’admet pas un non. Et après toutes les atrocités que les journaux et les infos débitent pour si peu de bien, si peu de bon…comment voudriez-vous que je m’étonne ? Comment voudriez-vous que ça me surprenne ?? Je serais surprise le jour, où dans les infos du monde entier, on nous annonce une seule, unique journée de paix.

jeudi 26 février 2009

allo...maman ?


Maman, 23 ans déjà depuis que de tes entrailles, je suis sortie et depuis…
J’ai appris à marcher et j’ai appris à courir, vous m’aviez appris à m’éloigner …toujours à m’éloigner, j’ai un jour pris le bus, puis, j’ai pris la voiture, j’ai pris même l’avion et on a quitté la maison, mais je reviens toujours là où le souvenir est fort…là où on sèche jusqu’à mes larmes de tort.
Maman, j’ai appris à frôler les bulles, ils sont bêtes ces gens que je vois dans la foule, ils pensent aux calories de leurs sandwich graisseux et à quelque kilomètres, ils sont encore nombreux, à agoniser de faim…ils sont bêtes ces gens qui achètent des bijoux à leurs chiens, et qui devant la misère disent : « j’ai rien »…
Maman tu m’as appris que la vie est rose et que cendrillon épouse toujours le Prince et que les belles mamans finissent par mourir de rage et de crainte…je combats chaque jour pour une parcelle de rêve dans le gris de la ville, je combats toujours pour m’arracher à la tristesse de ces cendrillons sans prince…où est passé le rose ? Où est passée la prose ?
Maman, pourquoi faut-il si peu de temps pour apprendre et autant pour oublier ? Je me lève toujours maman avec le sourire aux lèvres et je bois encore du lait même si je le mélange maintenant, avec du café, je fais mes devoirs, j’essaie de ne pas tarder le soir, je me pardonne des erreurs que les autres ne veulent pas pardonner, je ne mets jamais des jeans troués…et Pourtant …
Ils sont nombreux à ne plus y croire. Sont-ils bêtes maman de ne pas croire en dieu ? Sont-ils bêtes de penser que tout a commencé dans un étang d’eau tiède ? Sont-ils bêtes de croire que l’homme s’est crée ?
Ces gens que je croise dans la foule n’ont pas de visages maman, je sème des sourires dans le vent, elle est passée où ma ville, là où on connaissait ton nom ?
Ces murs qui dorénavant m’entourent n’auront pas de passé, leur toucher est se remplir de leur froid et de leur silence, des tombes sans nom. Cette jolie chambre que j’ai, orange et chaude, n’est qu’une parodie, une alternative, une drogue d’esthétisme face à la nostalgie. Il est où mon lit à dorures ? Ma niche surchargée ?
Maman, j’ai cherché le bonheur là où je pensais le trouver, mais il s’est dérobé, ai-je tort maman de ne pas être heureuse ? J’ai ma vie, mes amis, et tout va bien, ai-je tort de ne pas sourire assez ? De chercher un sens ? De chercher un rêve ? Maman, je veux retrouver un soir un instant, le doux souvenir du cocon, le noir réconfortant…
Où sont passés nos orangers maman ? Où sont passés les oiseaux ? La cigale ? Où est passée ma robe blanche à pois ? Où est passé papa ?

mardi 24 février 2009

Des zapri au riz...


Il paraît que les continents s’éloignent et se perdent dans l’océan, que le gens s’entretuent pour une parcelle de terre qu’un jour, ils détruiront…
Il paraît qu’on est six milliards, un seul, cent ans plus tôt, et 9, 20 ans plus tard…
Il paraît que le pouls ne tient qu’à un fil, que le temps nous est compté…il paraît aussi que la vie est une maladie dont on meurt lentement et dont on ne guérit jamais…
Il paraît que les sentiments se transmettent dans les gênes et dans le sang.
Il paraît que sur terre, on tue des enfants pour détruire des maisons…
Il paraît aussi que cet univers est né d’une explosion, depuis 15 milliards d’années et que si l’on nous dessinait sur une toile, nous serions de la poussière d’étoiles…
Il paraît que la terre s’épuise, qu’elle s’éventre, et qu’elle chauffe, et que les glaces fondent et que la mer monte…il paraît pourtant que nous manquons d’eau et qu’aussi avec ça, il y’ a des villes qui se noient…
Il paraît que l’amour se code dans les gènes, et qu’il faut croire aveuglément en tous les « je t’aime »…
Il paraît qu’il y ait encore des gens pour penser que ça n’arrive qu’aux autres, qui appellent leur insouciance espoir, qui, dans leur ignorance, se vautrent.
Il paraît que quand tu regardes l’abysse, l’abysse regarde en toi… et que quand le tonnerre gronde c’est l’éclair qu’on voit…
Mes à priori, je les couche sur papier pour ne plus compter sur le paraître de l’être…
Ils ont parié aussi que le soleil tournait autour de la terre, et ont perdu le pari, ils ont un jour cru que l’âme a des atomes mais ne l’ont jamais su…
Je ne perçois que ce que je vois, crois qu’en ce que je pense, ne touche que le tangible et n’entends que le silence et ils pourront me dire des « il paraît et semble », j’ai déjà compris, tout compris des mots que les gens commencent par l’hypothétique peut-être…ces mots sonnent creux, mensonges masqués... en demi-vérités.

samedi 27 décembre 2008

mon post de décembre


Mes mots se font plus rares, et pas pour autant plus précieux...J'ai bien peur que la réalité rattrappe la fiction ou disons rattrappe la crativité, à supposer que j'en ai une qui marche vraiment...Mon post de Décembre a les couleurs de Décembre, gris aux bords dorés...les allures d'un post d'attente un peu comme les chansons qu'on met sur répondeur...Janvier est un mois saint, je veux dire sain...C'est le mois où tout commence, celui des grandes résolutions, celui des régimes, des réveils matinaux, des bouteilles vidées dans l'évier, des cheveux fraîchement coupés, des mentons finement rasés...Mais Décembre, Décembre, c'est le calme avant la tempête, avant les feux d'artifices, les baisers, la joie, les nouvelles robes strassées, avant le beau gâteau aux macarons, et le caviar et le saumon...
Mon post de Décembre, comble un vide, et tout comme Décembre, n'est là que prélude à...
c'est bien triste Décembre et pourtant, nous voila en plein soleil, dehors l'hiver attend, n'est plus là...J'ai oublié mes pulls des zeros degrés, dehors il fait beau, c'est un printemps qui s'oublie, le destin qui grâcie et pourtant...Qui aime Décembre ? c'est la mois des bilans, des budgets dépassés, des amours brisées, des révisions manquées, c'est le mois où tu te dis, je ferais mieux, certainement mieux...en Janvier.
Je n'ai pas de dates clés en ce mois, ou peut-être bien que si, un triste anniversaire que je traîne et les minutes s'egrènent, l'oubli ne vient pas. Oubliez ma nostalgie, elle n'a pas de sens, c'est pour vous que j'écris pas pour mon coeur, et pas ma vie.
Dites-moi vous ! Votre Décembre est-il gai ? est-il joyeux, êtes-vous joyeux ? et cette année qui pointe son nez ? D'elle, que feriez-vous ?

lundi 3 novembre 2008

les fables contemporaines


Certains me diront que c’est bien fini le temps des contes, qu’on ne pourra plus berner l’homme moderne ! Oui, cet homme qui ne croit plus au père Noël et aux mille et une nuits… Et bien, figurez-vous que j’en ai fait une liste moi de ces fables millénaires à laquelle on continue de croire, par naïveté, par bonté, par habitude ou par ignorance…
1- Que la tomate est un légume !
2- Que l’Amour dure plus de 3 ans (je ne parle pas de l’amour mais de l’Amour)…
3- Qu’un chat noir porte malheur.
4- Que ça porte bonheur de verser par terre sa tasse de café !
5- Qu’en septembre c’est l’automne… (tout le monde sait maintenant que Septembre c’est encore l’été)
6- Que le noir rend plus mince.
7- Que la bêtise est humaine…
8- Qu’il y a des pingouins au pôle nord.
9- Qu’il y a des ours polaires au pôle Sud…
10- Qu’il y avait des armes de destruction massive en Irak (fable exclusivement américaine)
La tomate est un fruit ! Eh oui, et la banane est parfois un légume. L’Amour dure chimiquement 3 ans, ce n’est pas ma faute, que les amoureux ne m’en veuillent pas, ce qu’il y a après les « trois » c’est l’entente, l’harmonie et tout le reste…
Le chat noir le pauvre a juste hérité d’une couleur par les simples lois de Mandel …et la tasse de café qui déborde c’est juste une vieille légende (juive de surcroît)…
Avec le réchauffement planétaire, Septembre c’est tout bonnement l’été, les hôtels ne se sont pas rendus compte, réservez dès maintenant…
Et le noir sur fond blanc ça n’a aucun effet !
La bêtise n’est pas seulement humaine, l’oie est un animal bête, syllogisme : l’oie est humaine ?? Absurde. La bêtise existe, oui on est d’accord.
Les pingouins, il y’en a seulement au pôle Sud et les ours seulement au pôle Nord, maintenant tout le monde est prévenu, seulement les banquises ont fondu au pôle Nord et donc, les ours vont-je crois- subir une sélection naturelle pour donner des baleines blanches (enregistrez ce témoignage pour les générations futures s’il vous plaît)…
Et pour les Américains et ceux qui sont aussi bêtes qu’eux (je ne parle pas à leurs prix Nobel, je parle aux idiots qui ont voté Bush) eh non, il n’y avait pas d’arme de destruction massive en Irak, désolée…
On laissera le reste pour le prochain épisode…

jeudi 16 octobre 2008

communauté blog !


7 choses sur Mima au hasard : elle est maniaque, aime se lever a 10h pile, adore le jaune, n’aime pas les chats, trouve que Ratatouille est un beau film, pleure dès qu’il y a quelqu’un qui pleure (à la télé ou ailleurs), range ses vêtements par couleur…

7 choses à faire avant de mourir : rendre sa famille et ses amis fiers d’elle, terminer un vieux bouquin, réinventer l’architecture, réussir le meilleur projet de fin d’études de l’année 2009, faire le tour du monde, se marier, avoir 5 enfants…

7 choses que Mima aime trop faire : la cuisine, bouquiner, organiser des fêtes originales pour sa famille et ses amis, faire plaisir à ses neveux, broder en point de croix, dormir quand le réveil sonne à 8h, shopper quand elle sait qu’elle peut acheter.

7 choses que Mima déteste faire : bosser quand elle n’en a pas envie, shopper quand elle sait qu’elle ne pourra rien acheter, conduire dans les embouteillages, mentir, jeter ses vieux trucs (tickets de caisse d’il y a 5 ans de son premier « oh » (jus) acheté ), sortir les poubelles, choisir quoi mettre chaque matin…

7 choses que Mima ne peut pas ou ne sait pas faire : faire du sport, repasser, manger sans tâcher ses vêtements, faire un brushing, s’orienter dans un plan, aller jusqu’au bout dans un projet, rester silencieuse pendant plus de 3 minutes…

7 choses que Mima dit souvent : Ouh !, merde, yaltif !, jaw !, ommek, amaan, d’accuerdo…

7 célébrités que Mima aime : Umberto Eco, Amélie Nothomb, Fadhel Jaïdi, Mika, Micheal Moore, Lauren Weisberger, mon père…

alors je taggue :

le blog de pappati : parce que c'est mon frangin.

TM : parce qu'elle a eu la gentillesse de me tagguer, pour son blog rigolo, pour ses commentaires...

samiii : pour ces commentaires et pour son blog génial.

ali : parce que lui aussi est mon frangin (eh oui, j'en ai deux).

christophe : pour ses belles photos.

openmind : pour son commentaire.

mercredi 20 août 2008

En Franisien...


_Tu n'as pas mis tes zentilles ?
_euh...quoi ??
_tes zentilllles je te dis !
_Ah ! mes lentilles...non.
fadurait bien que je m'y fasse un jour, je ne peux pas, maintenant on me surnomme la prof parce que je ne peux pas m'empêcher de corriger les féminins suspects, les "e" qui manquent, les lettres qu'on bouffe ou ceux qu'on injecte...bref ce qui semble être du français...
mais ce n'est pas que je voudrais que tout le monde parle un français correct, non, c'est pas ça mais je me dis que 20 ans derrière, et avec seulement 6 années d'études primaires, mon oncle parlait français couramment, maintenant, je suis étudiante et avec 17 années passées entre école lycée et fac, beaucoup (et je n'exagère pas) de mes "collègues" ne savent pas dire "je vais à l'école".
bon, on va dire que c'est l'arabisation de l'administration qui est derrière, j'essaie de trouver des excuses, pourquoi pas ? Ils aiment l'arabe, les poèmes de Nizar Kabani, les livres de Manfalouti...bah seulement non...

Je demande à Ines, une amie polytechnicienne s'il vous plaît, juste pour tester, devant un café et des muffins :
_ En quelle année Carthage a été détruite?
_Euh...je ne sais pas.
C'est pas grave, l'histoire et les dates, c'est pas ça la culture arabe, y'en a qui ne retiennnent même pas leurs numéros de téléphone.
_C'est qui Badr Cheker eEssayab?
_Euh...connais pas.
Bon, la poésie moderne arabe, c'est pas la tasse de thé de tout le monde..
_Donne moi un exemple d'un "morakab isnedi" ?
_C'est une danse ça ??
Je laisse tomber, faut dire que Ines parle bien français, mais quant à savoir le nom de la reine qu'on a guillotiné, elle sèche aussi.

_Dis, tu as fait quoi hier après-midi ?
Omar me répond tout fier
_J'ai joué au foot et c'était moi le capitain.
Toujours cette manie de corriger:
_Tu veux dire capitaine ...
_ Qu'est-ce que tu racontes, je suis pas une meuf moi !!
_Ouiiii, bien sur, que je suis bête; excuse-moi...
Examen des symptômes, diagnostic : Je pourrais dire oh, nous avons été déchirés entre cette vieille guerre occident orient, d'un coté, nous voulons renouer avec nos origines, d'un autre c'est la fascination qu'exerce l'occident, on sait plus quoi faire, quoi parler, quoi mettre, qu' apprendre, que laisser...Ce serait trop psychanalyser...
En bonne Tunisienne, il aurait fallu que je m'en prenne aux autres...autres : c'est le système éducatif, l'administration, le ministère, le système pourri, inclure le transport, la chaleur, le prix de l'essence et du lait et pour finir "lebled elkalba"...
Non mais franchement, qu'est-ce qui cloche ? ma tante est prof de français au lycée, ses élèves écrivent leurs devoirs en argot carrèment ! Et les profs d'arabe ou de philo, pareille, ils se plaignent du niveau médiocre, de la pauvreté du "bagage", des bases et du vocabulaire, eux, en bons Tunisiens, accusent les instituteurs du primaire forcèment...
Ma prof d'anglais en fac fait trois erreurs par minutes, une bonne moyenne comparée à celle du dentaire selon des amis à moi...Tout commence par là, si l'enseignante d'informatique de la primaire dit "donne-moi une CD Saleh" à des élèves qui apprennent à peine cette langue, c'est qu'il y a problème.
personne de mon entourage ne lit de recueils de poèmes arabes, Mahfoudh ou Jabrane...pire, presque personne ne LIT tout court. Dans le monde professionnel, ces étudiants d'aujourd'hui enverront des mails d'écoliers à des correspondants étrangers du genre "nous voulons vous félicitationner"...
Pour une maniaque du mot, de l'oral, je pense que la langue est un vecteur important, parler correctement, avoir en soi toute la panoplie et les nuances des mots et des sens pour pouvoir s'exprimer et dire, surtout dire parce que le language est le bien suprême de l'humanité...Maîtriser cet instrument qui fait que nous sommes humains, maîtriser ces sons et injecter une mémoire, plus qu'une photo...Une mémoire...Parce qu'en regardant l'histoire (de laquelle, on devrait tout apprendre) me fait dire que de la préhistoire, il ne reste que des os et de belles peintures, de Hugo, ses vers touchants et de Manfalouti, la sensibilité de sa plume.

_Je me suis fait chier au socio, je vais à la bivette.

_Pourquoi faire la Buuuvette ?

_Bah, pour prendre un capoussin, j'ai trop froid ! Regarde, j'ai la chaire d'ampoule.

_Mmm...Je vois ça...

samedi 24 mai 2008

Le Fil...


l'évidence de la mort s'impose des fois devant tes yeux, tel un destin inéluctable qu'on oublie souvent, vivre est une drogue, dopante, enivrante, elle nous fait parfois oublier de quoi nous sommes faits, à quoi nous sommes destinés...
Je n'aime pas écrire triste, ni jouer les mélancoliques, j'ai une rage énorme de vivre, de marquer, mes pas hors des vagues qui meurent et effacent leurs traces...J'ai une faim de chaque jour de découvrir ce que me réserve dieu, les cartes à abattre, les joies à passer, les larmes à couler...
et pourtant...
Face à face à la mort, tout autour s'ébranle, contempler la mort de loin touche, effleure, voir la mort en face terrifie, et fait qu'on s'accroche plus encore à la vie et l'on se demande...
l'on se demande alors pourquoi dieu m'a épargné ? J'ai encore des choses à accomplir, une rédemption à faire, un bien à répandre, une mission pour laquelle j'existe et pour laquelle je vis...
Un accident rend triste, forcément, il rend philosophe et méditant, il incite en toi l'absolu, te renvoie aux doutes, aux questions essentielles, existentielles...
je comprends trop tard, ou l'ai-je ignoré souvent que vivre n'est pas une évidence, et n'est en somme pas un droit, au détour d'un virage, à la sortie d'un bain, en chantonnant devant le four, même étendu dans son sommeil, on peut juste trépasser, dans un cri, un sanglot, ou juste dans le silence absolu...
Parce que je ne sais que trop bien que vivre est un combat de tous les jours, toutes les secondes, un mouvement contre la gravité, un pouls contre l'inertie, une implosion, un acharnement, et qu'il est toujours plus aisé de baisser les armes, et pourtant et pourtant...
L'évidence est tout simplement la mort, quand un embryon se forme, on n'est pas sûr qu'il survive, on est par contre certains qu'il finira un jour par mourir...Et on oublie qu'un souffle est un miracle en soi.
Je n'aime pas le drame surfait ou kitsch, mais il fallait écrire en moi la terreur et exulter la peine et exulter la peur...Et puis surtout répandre en moi l'idée, du parcours inachevé.
de ces étincelles noires, je reste pourtant optimiste, je suis là encore, égoïstement heureuse de vivre, d'écrire, de sentir battre mes cils sous la lumière matinale, de pouvoir encore m'émerveiller, de penser malgré tout que la beauté est une promesse de bonheur, et que même si la vie est une promesse à la mort...rien au fond ne peut déraciner en moi la foi, la joie et cette "loi morale" en moi...

samedi 17 mai 2008

En pan-NE


En panne d'inspiration en ce moment, je ne trouve rien à écrire, beaucoup à faire mais rien à formuler...telle que je me connais, l'absence des mots est un prélude aux coups de blues, je me trouve des excuses, la période des examens est fini, le stress est passé, les rendus, rendus
les mots devraient sortir, l'actualité s'y prête, les catastrophes ne manquent pas, les alertes, les messages qui bombardent, le monde est toujours aussi fou, les gens s'entretuent pour le sou, des bébés meurent pour rien, et des hommes vivent comme des chiens... des chiens, comme des hommes...Toutes les 20 secondes, une femme est violée en Afrique du Sud, toutes les 10 secondes, une personne meurt du sida, j'ai toute la matière à un article et les mots ne viennent pas.
En vrac, tout est en vrac, je suis bombardée d'images sur les routes, devant la télé, quand je consomme ou j'achète, entre les scènes de meurtre, les larmes d'une actrice, la pub d'un yaourt, je deviens un bouillie d'images et les mots ne viennent pas...
des flashs de mémoire et la visualisation de la liste de course, le sourire figé de quelqu'un puis ces zéros qu'on voit sur les bas cotés de toute part...mais ou est le mot le vrai ?? celui qui efface de toi le superflu qui te gifle comme s'il était vrai, comme s'il vivait, les pellicules brûlées et figées ne vivent pas tant que le relent de l'odeur iodée de la mer, ou l'écho d'un cri joyeux d'enfant...
autour de moi, le monde s'agite, le monde vit, le gens se bousculent comme toujours sur les trottoirs, le ciel vire du bleu au gris, du gris au bleu...des litres de soda, d'adrénaline, des litres d'eau, de carburant, des litres de sang... mais seulement, quelques gouttes d'encre...
devant mes yeux, les scènes de vie se jouent encore et les questions ne manquent pas, le son de ma voix résonne dans les couloirs et les chansons mais l'oral bouffe en moi l'envie d'écrire, je suis en panne d'inspiration parce que parfois quand rien n'est dit, tu es suffoqué par les lettres et tu t'enfonces dans le mutisme...regarde nous ! même la feuille d'un arbre meure, des bébés tissent des tapis dans l'ombre, et une mouette meure lentement dans les filets du fioul...tous ces hommes qui meurent sans nom dans des guerres sans raison, combien n'ont pas de voix qui attendent qu'on parle d'eux ?? combien ne subsistent que par un mot qu'on garde d'eux ?? et pourtant, de tradition orale, notre société passe à l'image et oublie...Chéhérazade et ses contes de mille et une nuits, et les poèmes qu'on épinglait sur la Mecque...les mots ne viennent plus.
les images nous assaillent, dilatent en nous le rêve et l'envie. "Que de choses dont je n'ai pas besoin" et que j'achète malgré tout pour que subsiste dans mon armoire la mémoire d'une pub en couleurs...ce n'est pas l'inspiration, non ! c'est l'overdose de tabous, de non dits de révolte, l'over dose du combat, de l'indignation...et j'attends...qu'en moi se calme l'agitation et que je puisse trier les cris, des sanglots, les rires, des larmes...
il est un jour où tout s'arrête et il ne reste d'une personne que des images que le vents sème et des mots...
Qui ne viennent pas.

dimanche 27 avril 2008

made in China


Cette folie des JO commence à m'atteindre... ces centaines de milliers de visages jaunes aux yeux bridés représentent à eux seuls le sixième de la population mondiale...je n'ai jamais pu aimer ce pays, au delà du Tibet et des génocydes, la méthode Chinoise me semble archaïque. mais quand la Chine se met à organiser les jeux olympiques, l'opinion publique dérape...
oui la Chine fait des dépassements, les droits de l'homme sont une utopie là-bas, mais est-ce une raison de politiser les jeux olympiques et d'en faire un débat sur les agissements chinois au Tibet...Possible...
Revenir au message primaire des jeux olympiques c'est remonter dans le cœur de l'histoire antique quand cette période signifiait un trêve des hostilités entre les différents états participants, cela pourrait signifier chine Tibet, aussi bien que chine monde.
boycotter les jeux olympiques pour une question des droits de l'homme est un fait historique :

Le tout premier boycott des jeux eut lieu lors de la rénovation en 1896. La Turquie refusa d'y participer compte tenu des nombreux antagonismes existant entre elle et la Grèce.

En 1956, les Jeux sont boycottés par les Pays-Bas, l'Espagne et la Suisse qui manifestent ainsi leur désaccord avec la répression Soviétique de l'époque en Hongrie . Lors de ces mêmes Jeux, le Cambodge, l'Égypte, l'Irak et le Liban furent absents en raison de la Crise de Suez.

En 1968 , 1972 et 1976, de nombreux pays africains boycottent les Jeux afin de protester contre les régimes d'apartheid sud africain. L'exclusion de la Nouvelle-Zélande est également réclamée, car son équipe de rugby s'était rendue en Afrique du Sud pour y jouer des matches. À Montréal, 21 pays africains et le Guyana manquent à l'appel.

En 1980, les États Unis et 64 autres délégations boycottent les jeux de Moscou en raison de l'intervention soviétique en Afghanistan. La France et encore le Royaume-Uni ne sont pas solidarisés à ce mouvement et se rendent à Moscou avec quatorze autres nations occidentales. En réplique au boycott, en 1984, l'URSS et 14 de ses pays satellites boycottent les jeux de Los Angeles sous prétexte que la sécurité des délégations n'était pas garantie et à cause de l'installation de fusées Pershing américaines en Europe de l'ouest. La Roumanie se distingua du bloc de l'Est en se rendant à Los Angeles.

En 1988, Cuba, l'Éthiopie le Nicaragua boycottent les Jeux de Séoul pour protester contre la mise à l'écart de la Corée du Nord dans l'organisation des Jeux.

Les enjeux sont de Taille, la Chine est écrasante et son spectre hante aussi bien l'Europe que les Etats Unis, sa montée en puissance dérange...son nationalisme est inquiétant et l'épineuse question Tibétaine reste en suspens.

Mais la Chine voit grand quand même, comme avec Hitler, Hu Jintao exploite l'argument qui pourrait cependant se retourner contre lui.


mercredi 26 mars 2008

Ode à Syphax


j'y pensais depuis le début, une pensée pour Sfax, juste un peu différente et un peu décalée, du stéréotype de la ville haïe mais aussi de m'enliser dans le sentimentalisme de la ville chérie.
parce que Sfax a acquis a mes yeux cette distance critique qui me permettrait de l'écrire, et je sais que je ne pourrais verser avec les mots un peu d'amour pour cette ville qu'on fuit comme la peste mais qu'on m'a arraché un jour...
"la merde" des Français, cette citadelle qui la nuit, dans le silence, réparaient ses remparts bombardés, ou de cette autre Sfax, barricadée derrière ces murs qui à l'heure du déjeuner sentait le poisson et la marka, je parlerais peut-être de cette Sfax d'aujourd'hui, aux cubes en béton dans la chaleur écrasante des embouteillages, entre les vents du sable et l'odeur iodée de la mer.. Sfax d'hier.
comment décrire et résumer une ville, un parcours, un chemin, l'émotion est là, à chaque détour.
Sfax est polluée, Sfax et sectaire..Sfax est repliée comme une vieille dame qui ne veut plus quitter son lit, ni changer de vie... Sfax est hypocrite oui, derrière son visage de conservatisme dur, se cachent les méandres de la vie underground, de la jeunesse qui fuit, des parents qui se muent a 100 kilomètres plus loin...
Oui, Sfax meurt, se vide de ses gens qui ont fait d'elle une citadelle haïe, ses cinémas ferment, et ses fellas ont le goût du désespoir. La ville arabe est maintenant un souk géant, et les portes d'autrefois ouvrent sur le néant... de l'humble Sfaxien, il ne reste plus rien, on les disait avares, ils sont maintenant voyants, on les disait discrets, ils sont maintenant criards...de la douce monotonie des journées d'hiver, il ne reste que le terrible couvre feu implicite et sans nom...et dans les rues désertes du minuit qui sonne, une voiture fuyante, des phares qui s'allument, une radio qui résonne et puis plus rien...quelques pas fuyants, qui ont peur de la nuit parce que le noir sfaxien est intimidant.
mais Sfax est une famille nombreuse, où tout le monde se connaît, tout le monde se surveille, mais dieu que j'aimais ça ! ces visages familiers à chaque tournant de rue, ces sourires gratuits, ce sang partagé, et cette ville grouillante de cousins éloignés, reconnaître, jusqu'aux portes, les voitures, les passants, reconnaître un parfum, un arbre, les chansons.
j'essaie de fuir l'émotion mais elle me rattrape toujours, souvenirs d'amour, des rues et des gens...je n'y peux rien si on juge, si on condamne le communautaire, oui Sfax est orgueilleuse, mais je l'aimerais autant !
alors que d'autres ont fui la fumée des usines, le calme plat des rues et le Regard Inquisiteur, c'est par une pleine lune que j'ai quitté cette ville, je ne garde qu'un rectangle blanc sous le soleil d'avril. et retrouver sfax ne sera plus jamais un retour, mais juste une arrivée...sur cette longue route bordée de saules, et d'oliviers, le coeur s'emballe déjà ! et j'attends la première rafale de vent chargée de sable, j'attends le soleil brûlant dont seule Sfax a le secret.
je n'ai pas réussi a garder la distance, je n'ai pas réussi a décortiquer comme un scalpel la ville de mon enfance, quelque part encore, le sang reste là, le nom...la terre millénaire.

vendredi 7 mars 2008

la "machine" que je suis


comment marchent nos 100 milliards de neurones, cette électricité survoltée qui se transmet de synapses en synapses ? des machines perfectionnées que l'homme n'a pas crée, 100 watts d'énergie émise, qu'on devrait exploiter alors que la baril dépasse les 100 dollars, de l'électricité génératrice de vie, d'idées ...alors que 5 litres de sang sont pompés par minute, soit la totalité du sang dans le corps, des milliers de cellules, se créent, des litres d'air pénètrent dans les poumons, des milliers de liaisons nerveuses s'établissent, des dizaines de muscles sont en contraction.
alors que nos cordes vocales vibrent que nos lèvres articulent les sons, nos papilles goûtent les mets, nos oreilles captent les bruits, nos mains agitent l'air que nous respirons...
des milliards de cellules qui grouillent de vie...qui se nourrissent, respirent, se divisent et périssent alors que nous courons derrière le bus, que nous somnolons devant la télé ou que nous grattons nos yeux fatigués...des milliers de bactéries, de virus nous attaquent chaque jour, dans un combat sans merci que le corps mène généralement dans le silence, nos lymphocytes se meurent en martyr, le corps entier en état d'alerte se prépare et s'arme, et juste devant la peau, à peine nous éternuons...il est un pouls en nous qui tient ce monde sous son règne, il est un souffle en nous qui orchestre par son chant, il est en nous un mot par quoi tout est dit : vie !
dans cette cohue du corps, cette minutie, ces engrenages qui s'emboîtent, tout est si fragile, tout est suspendu à un muscle, à un fil...à une inspiration de plus ou de moins...alors que le silence de la nuit m'envahit, c'est ce miracle du corps que j'entends à peine, mes battements sous ma peau, mes cils qui se ferment, mon souffle régulier...le son de mes mouvements. j'arrive imaginer dans ces moments entre la nuit et le rêve, les éclairs dans ma tête, mes veines remplies de sang, j'arrive à entrevoir mon coeur palpitant, mes poumons qui se gonflent et se vident en un temps...le fibres de mes muscles qui se raccourcissent ou s'allongent...ce n'est pas dans les moments d'immenses bonheur, ni dans la foule des gens, ni à la vue d'un être qui nous est cher, qu'on ressent en nous la vie, c'est dans la solitude de l'être, le calme froid de la nuit quand les pensées gravitent juste en dessus, quand le sommeil force les parages de la conscience, un immense sentiment de plénitude, de gratitude m'innonde, c'était un autre jour, encore un autre jour, mon miracle continue, le temps est encore passé sans m'abandonner.
100 milliards de neurones qui insufflent le sommeil, qui s'agitent dans mes rêves, qui se parlent et qui créent mes idées...100 milliards de neurones qui se meurent sans héritier, précieux dons divins au deuil de leur infertilité.

jeudi 28 février 2008

footez-moi la paix !


quelqu'un m'a dit un jour que les tunisiens survivent par le foot ! c'est pas faux, c'est même honteusement vrai...décortiquons la journée type d'un tunisien moyen ou pas moyen, entre les articles de foot dans les journaux (d'ailleurs il ne lira que ça) et les deux chaînes de télé qui se battent en duel, et qui transmettent leurs émissions en jours alternés, comptons en plus les heures passés au café à regarder les matchs du championnat, des champion's league, européens, américains, africains, du championnat du monde et les matchs amicaux, des championnats espagnols, italiens, français, je n'oublierais certainement pas le temps passé sur les consoles de jeu, les ordinateurs, les portables, tout ce qui a un écran peut forcément abriter un ballon. Combien reste-t-il de temps pour faire autre chose ? pour les courses du dimanche, pour les sorties en famille, pour les visites à mamie? encore plus grave pour le boulot?
Marx s'étant trompé de drogue, je dirais que le foot est par excellence l'opium du peuple, que demander plus qu'une transmission en direct des meilleurs matchs de la saison, que demander de plus que des cafés avec écran géant ? noyé entre les jambes des joueurs mondiaux et médiocres, suivant d'un œil enfiévré la course folle d'un ballon, le tunisien n'aura pas le temps de se révolter contre le prix du lait, ni la flambée de l'essence.
cette MST (maladie socialement transmissible) résiste à tous les antidotes, le plus court chemin vers le cœur d'un homme, passe forcément par un stade.

mercredi 27 février 2008

je suis écolo, je roule au café !


Bon, je sais pas si c'est une énergie renouvelable ou pas, mais je roule au café...Alors ça commence a huit heures, réveil pénible, nuit courte, longue soirée scotchée à l'ordinateur, les yeux qui piquent, je ne guéris de ma myopie qu'avec ma première tasse de café...ouf, je souris, je m'habille, enfin commence la journée, et puis y'a la récré de 10 heures, on voudrait pas rester seule quand tout le monde est à la buvette, et "un direct" pour la demoiselle, déjà je me sens encore mieux, puis vient midi, quand le déjeuner est fini, faudrait bien combattre les relents des siestes estivales, je bosse moi ! un café pour digérer et puis six heures passées, la fin des cours, et on se retrouve entre copains pour disctuter...dans un café. déjà je rentre fatiguée, y'a maman qui cuisine, j'ai encore ce test demain faudrait que je veille et que je révise, je tiendrais comment toute la soirée ?? bien sûr avec un café...ma caféine contient un peu de mon sang...je sais c'est grave, et ça m'arrive de suivre des cures de désintoxication, mais je retombe toujours en dépendance, je me dis c'est pas bien grave, c'est pas le nicotine tout de même ! mais ça m'alarme de dépendre d'un liquide chaud et noir...il faut dire que ça rappelle un autre carburant, l'or noir, d'ailleurs pour l'anecdote, le café est la seconde marchandise échangée dans le monde derrière le pétrole, donc ce serait plutot un combustible et non une drogue, et puis même si on lui attribue plusieurs méfaits, il apporte quand même des minéraux (potassium), de la vitamine PP et bien sûr de la caféine qui stimule le système nerveux. Bon, je sais il diminue aussi l'absorption de certaines vitamines B et du fer peut également "perturber" le sommeil. Ce qui est encore plus drôle, c'est que la consommation du café (tradition arabe au départ) fut interdite deux fois dans l'histoire, la première au Caire par le gouverneur, qui la rétablit sous menace de rébellion et une autre par le pape en personne qui la déclara par la suite boisson officielle pour lui voler la gloire des "infidèles" (les musulmans). donc c'est un acte culturel de la boire, c'est pas italien, non non non ! d'ailleurs la variété la plus appréciée (et la plus chère) et l'Arabica !
je me sens mieux tout d'un coup, on se retrouvé au café ??

je jeune, tu jeunes, ils sont jeunes....


on va me taxer de paradoxale, mais je suis une personne qui aime les justes milieux, et je condamne encore, je condamne tout ce qui, à mes yeux est faux, ou faussé, imposé ou importé...je suis une jeune de 22 ans, je vis ma vie, j'ai des buts, je crie, je ris, et je m'insurge...
je suis une jeune tunisienne, n'ayant jamais aspiré à abandonner sa peau ou son nom, n'ayant jamais cessé un jour de croire dans ce pays ensorcelant...j'avais écrit et j'avais dit que j'ai peur pour ce pays, aujourd'hui encore, cette peur est là et change de nom et change de sens.
je vais tous les matins à cette école que j'ai rêvée toute ma vie d'enfant, j'y vais, je vois, j'ausculte ces gens qui suivent ce même chemin, je sors parfois dans nos avenues, dans nos cafés et du balcon, je contemple dès l'aube les voitures zigzaguantes et j'essaie de donner un nom à ce mal qui ronge ces jeunes...en quel nom, en quel non ??
je ne veux pas juger ces autres ni faire endosser le crime à ces parents qui dorment quand leurs enfants saouls tuent des gens innocents sur les routes de retour...
je me pose des questions...et mes points d'interrogation ne se dissipent pas à l'aube, dans l'insomnie des nuits d'été quand la route de la Marsa ne désemplit pas...
où allons-nous, qui sont les coupables, tant de pourquoi et de comment, dans tous les sens, et je n'ai pas de réponse...
nos parents à mon âge peuplaient leurs nuits de rêves fous, de construire ce pays, de le conduire, de le mener, de le nourrir et de l'alphabétiser, nous sommes une génération qui n'a jamais combattu pour apprendre, qui n'a pas connu la faim, ou alors rarement, une génération à qui tout est arrivé facilement. génération parabole qui a appris l'italien bien avant l'arabe, qui a toujours porté le jean mais jamais une djellaba...tout ceci n'a pas de sens, ce qui importe au fond, c'est l'absence même de sens à une vie, l'absence de but, d'ambition, l'absence de ce feu brûlant qui voudrait tout changer, tout faire avancer...nos jeunes et je les côtoie, ne pensent qu'à leurs prochaines soirées, aux filles qui danseront sur le comptoir, aux bouteilles débouchées, nos jeunes ont depuis longtemps perdu l'espoir, ils croient qu'on ne peut plus changer les choses, que tout est dit, que tout est fait...
il m'arrive de penser pendant ces nuits d'insomnie au futur de nos enfants, où les élever ? comment les protéger de l'agression du net, comment les protéger de la débauche, comment faire d'eux, des tunisiens, lorsqu'ils vivent en terre étrangère, comment leur interdire ces coutumes qui s'instaurent et qu'on ignore?
tous ces opiums de silence, ces pertes aux milieux des foules, ces stroboscopes qui aveuglent, ces mensonges, les gueules de bois, la voiture éraflée, l'odeur âcre des alcools et des fumées, n'auront servi à rien le jour où on demandera à ces jeunes insouciants de dessiner leur horizon, le jour où ils auront à élever leurs enfants, quand il leur sera dit, qu'ils vont construire ce pays.

mardi 26 février 2008

j'ai peur pour ce pays...


J'ai peur pour ce pays pour ces regards qui transpercent, pour la peur, pour la Perse qui vient en Tunisie... j'ai peur pour ce voile que nos aïeules n'ont jamais porté qui défile dans les rues, et dans nos supermarchés, peur pour ces barbes qui cachent dans chaque poil de l'intolérance et pis, de la haine, de la peine, les déceptions d'autrui.
je m'insurge et j'accuse ces cheikhs enturbannés de profaner l'islam pire que les hérétiques, d'exporter la terreur et non une religion de cathédraliser nos mosquées, de noyer le désespoir dans la peur et la panique...j'accuse ce peuple de s'éloigner de l'essence et s'aliéner, de vivre dans un passé qui devient si lointain qu'il n'en reste que des ruines...à ceux qui pensent que islam rime avec costume, je dis avez-vous un jour cherché comment notre prophète a converti des milliers en quelques années ? comment-a-il uni une Arabie qui s'entretue ?? est-ce en faisant miroiter le voile à une femme ou est-ce en lisant alors qu'il était illettré ? je demande à ces marchands des ténébres de me citer les valeurs de l'islam...
j'accuse les tunisiens de courir dans tous les sens sauf la voie d'où ils sont venus, vers l'occident dans des barques de fortune, ou vers l'orient dans des mètres de tissu, je les accuse de crime contre leurs cultures et leurs passés...
j'ai peu pour ce pays, pour 1957, pour la femme au bureau...j'ai peur pour le combat acharné qu'ont menées nos mères. mais je garde espoir là ou il n'y en a plus, un jour ou l'autre on comprendra peut-être que jamais l'extrémisme n'a été une solution, n'avons-nous pas le modèle afghan, un peu moins l'Iran ?? et les récits d'autrefois de l'Abasside empire, ou de la flamboyante Andalousie, qui les a un jour lus ? dans quel monde et au nom de quoi, ces gens ont-ils vécu ? les mosquées dorées étaient pleines et pourtant, des poètes vantaient les beautés et l'amour non la haine...et ce passé n'est plus, notre présent vaut mieux que nos lamentations.
j'ai peur pour ma Tunisie qu'elle ne s'enlise dans ses paradoxes, qu'elle ne dérive, qu'elle ne s'oublie..j'ai peur pour mes concitoyennes de l'horreur de la réclusion et du non choix et pour mes concitoyens de l'intolérant et de l'éternel non, de l'odeur du moisi d'un esprit renfermé...
je m"indigne, je m'insurge mais je ne pourrais jamais contredire la liberté d'un choix la liberté d'une tête nue ou voilée, la liberté d'être libre ou de s'enchaîner...

du dubai en Tunisie


le projet est depuis longtemps d'actualité, l'intrusion de Sama Dubai en Tunisie, je parle d'intrusion parce que le projet est Dubaïote a 100%. de l'architecture à l'ingénierie, restent les simples maçons qui vont transporter les débris des chantiers et puis la cimenterie locale qui va fournir la matière première. 2010 et l'ouverture de la Tunisie au marché mondial, 2012 et l'achèvement de ce projet pittoresque...du Dubaï en Tunisie, comment va-t-on intégrer ce monstre d'urbanisme high-tech, d'architecture colossale dans une ville cosmopolite, capitale certes mais qui a toujours construit en petit et en horizontal, Tunis by night ne sera jamais la même, a-t-on prévu la spéculation foncière qui va en résulter? Les architectes crient au sacrilège ! Ils dénoncent la non-intégration, le libéralisme, la colonisation masquée, tant de concepts, d'idées et de faux crimes qui n'auront servi à rien face au mutisme de l'État. auraient-ils pu faire mieux ? ou est l'intégration dans l'architecture Tunisienne, dans ce style hybride qui bordent nos routes ou dans ces faux moucharabiehs ? le capitalisme est la, et ses lois sont sans appel, c'est au plus compétent, au plus créatif, au plus commerçant, c'est simplement vendre un glaçon à un esquimau. la loi du marché dit que la libre concurrence est là, la Tunisie arrêtera dans deux ans de protéger ses architectes, ses ingénieurs, ses entreprises de l'extérieur et les jettera dans l'arêne des fauves, est-ce injuste ?? je ne le crois pas, du Dubaï en Tunisie ?? pourquoi pas ? et pourquoi pas aussi, de la Tunisie à Dubaï ? arrêtons d'accuser les Autres, ces occidentaux qui possèdent le monde, ces rois du pétrole qui passent de lubie en lubie. prouvons que nous avons aussi une place au soleil, faisons mieux ! sinon, taisons-nous !

le temps des cerises




Quand nous chanterons le temps des cerises,
Et gai rossignol, et merle moqueur
Seront tous en fête.
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur...
Quand nous chanterons le temps des cerises,
Sifflera bien mieux le merle moqueur.

Mais il est bien court, le temps des cerises,
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreille !
Cerises d'amour aux robes pareilles,
Tombant sur la feuille en gouttes de sang.
Mais il est bien court le temps des cerises,
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant !

Quand vous en serez au temps des cerises,
Si vous avez peur des chagrins d'amour,
Evitez les belles.

Moi qui ne crains pas les peines cruelles,
Je ne vivrai point sans souffrir un jour...
Quand vous en serez au temps des cerises,
Vous aurez aussi vos peines d'amour.

J'aimerai toujours le temps des cerises :
C'est de ce temps là que je garde au coeur
Une plaie ouverte.
Et dame Fortune, en m'étant offerte,
Ne pourra jamais fermer ma douleur...
J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au coeur.


un poème de Jean-Baptiste Clément juste pour la beauté des mots, le merveilleux temps dehors et puis aussi pour Mars qui approche, excusez mon romantisme d'un jour (la coupable se reconnaîtra).

samedi 16 février 2008

chocolat

1kg/an par habitant, voila la moyenne mondiale. chocolat, eau amère des mayas, dont le cacao et la plante des dieux, boisson divine, graine divine. 12,3kg/an/habitant en Suisse...
autrefois produit de luxe réservée à la noblesse européenne, il est maintenant un produit pour tous, qu'on consomme sans modération malgré toutes les recommandations. chocolat, 550 kilocalories, soit le quart des besoins nutritifs journaliers d'une femme...alors qu'on le consommait du temps des aztèques avant la nuit de noces, on l'offre de nos jours pour la fête de l'amour. La marquise de Sévigné dit du chocolat, dans ses Lettres, qu’« il vous flatte pour un temps, et puis il vous allume tout d'un coup une fièvre continue », des siècles après, on lui attribue des vertus aphrodisiaques, l'effet anti-dépresseur, ou encore stimulant, puisqu'il contient de la théobromine et de la caféine, énergisant car a une forte teneur en glucides et en lipides...les juifs offrent à l'Europe le chocolat quand ils seront chassés lors de l'Inquisition, Hernan Cortès introduisit au 16ème siècle le chocolat en Espagne.
histoire d'un mets divin, dont les secrets furent tour à tour gardés dans les ruines mayas, puis dans les ateliers suisses, produit de législation, de controverse, diabolisé par les diététiciens, vantées par les médecins, produit masculin dédié à la féminité du monde entier, produit femme, à croquer, à déguster. le chocolat m'intrigue, lire son histoire c'est aller en parallèle de l'essentiel, pourquoi depuis longtemps dans la mésoamérique avait-on cru que ce sont le dieux qui l'ont envoyé, pourquoi l'a t-on sanctifié...ce péché mignon est le plus mystérieux de tous. l'Europe vient en premier, l'Amérique sa mère patrie, suit..puis vient l'afrique et enfin l'Asie, continent de l'abandon, des suicides, des combats, l'Asie, on ne sait pourquoi, méconnaît le chocolat, son plaisir leur est interdit, sa douceur contraste avec la misère Indienne, la rigueur chinoise, ou le sérieux Japonais...chocolat, mot aux résonnances d'un language du monde n'est plus ce produit vénéré, il est le rêve d'un enfant au détour d'un supermarché, le caprice d'une femme qui se retient à peine, la douceur interdite aux édentés...
grand cru à consommer avec modération, bienfait empoisonné, cadeau dérobé à la divinité.

dimanche 10 février 2008

mes pas-envie du dimanche après-midi...


midi passé, le beau matin, gras disparait et le soleil du dimanche vire au gris, du moins c'est ainsi, que je perçois la chose. dimanche après-midi est laid, et si plein d'ennui, tu pourrais skier en été et bronzer en hiver, être à l'autre bout de la terre, ça te rattrape toujours cette grisaille d'un jour...midi passé, tout prend l'allure d'une journée qui traîne et s'égrènent, lentement, les douze coups de l'ennui, commence ma terrible litanie, mon râle, ma mauvaise humeur...j'ai pas envie, j'ai pas envie! j'ai pas envie d'un jus, pas envie d'un café, pas envie de bosser ou de réviser, pas envie de parler, ni rire, pas envie de répondre au monologue de maman, ni de jouer avec les neveux, pas envie de sourire, ni de voir la télé, même pas envie de pleurer, pas envie de lire ce roman qui traîne, ni d'écrire mes pensées obscènes. j'ai pas envie de ranger ni de mettre de l'ordre, pas envie de me faire belle, pas envie de sortir, pas envie de rester...j'ai envie de manger, mais pas envie de grossir, j'ai envie de gueuler, mais pas envie de parler! j'ai des envies de meurtre mais pas envie de bouger... je deviens xénophobe, claustrophobe, agoraphobe, tas de phobies et de pas-envie, et puis tombe le soir, sur ces longues heures de désespoir et mes brumes se dissipent, et le dégoût de la journée ratée te frappe de plein fouet...et des j'aurais-du m'assaillent de partout. j'aurais du bosser l'archi, du moins le test de mardi, ou ce rendu de demain, pourquoi j'ai pas fait de brushing, pourquoi je me suis pas bougée, pourquoi pas de footing.
lundi approche, lundi est là, qu'on me pose surtout pas ! cette question qui me scie ", dis, t'as fait quoi dimanche après-midi ?".

dimanche 3 février 2008

ohm..home, homme(s)


j'ai jamais su comment !! comment font-ils pour passer sans crainte un rasoir sur leurs joues, un autosuicide quotidien qui finit generalement bien! j'ai jamais su comment, ils fument trois paquets par jour avec des expressos serrés et sucrés à outrance ! la mort du bon goût ! de l'estomac aussi... et puis ces bières qu'ils boivent, sans relâche comme si c'était trop bon, encore meilleur que l'eau!!
j'ai jamais su comment, ils restent des heures pour se coiffer alors qu'ils n'ont que deux cheveux ! et comment font-ils pour conduire si bien même quand ils sont imbéciles !
et le comble de tout, comment font-ils pour vivre avec de la vaisselle vieille d'une semaine, et des vêtements qui traînent, depuis des mois au sol, et la brosse a cheveux qui colle.

comment font-ils pour nouer leurs cravates, j'ai beau essayé et j'y arrive jamais ! des gestes inutiles répètés soigneusement, et encore, voient-ils des faux plis, indétectables à l'oeil nu !!
cette race inhumaine d'hommes sans grand H, me rend vraiment perplexe, ils ne regardent jamais l'horoscope du journal et s'en foutent éperdument des provisions du dimanche, courent pourtant après tous les décolletés et se souviennent rarement de leur dernière soirée...