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mardi, février 26

j'ai peur pour ce pays...


J'ai peur pour ce pays pour ces regards qui transpercent, pour la peur, pour la Perse qui vient en Tunisie... j'ai peur pour ce voile que nos aïeules n'ont jamais porté qui défile dans les rues, et dans nos supermarchés, peur pour ces barbes qui cachent dans chaque poil de l'intolérance et pis, de la haine, de la peine, les déceptions d'autrui.
je m'insurge et j'accuse ces cheikhs enturbannés de profaner l'islam pire que les hérétiques, d'exporter la terreur et non une religion de cathédraliser nos mosquées, de noyer le désespoir dans la peur et la panique...j'accuse ce peuple de s'éloigner de l'essence et s'aliéner, de vivre dans un passé qui devient si lointain qu'il n'en reste que des ruines...à ceux qui pensent que islam rime avec costume, je dis avez-vous un jour cherché comment notre prophète a converti des milliers en quelques années ? comment-a-il uni une Arabie qui s'entretue ?? est-ce en faisant miroiter le voile à une femme ou est-ce en lisant alors qu'il était illettré ? je demande à ces marchands des ténébres de me citer les valeurs de l'islam...
j'accuse les tunisiens de courir dans tous les sens sauf la voie d'où ils sont venus, vers l'occident dans des barques de fortune, ou vers l'orient dans des mètres de tissu, je les accuse de crime contre leurs cultures et leurs passés...
j'ai peu pour ce pays, pour 1957, pour la femme au bureau...j'ai peur pour le combat acharné qu'ont menées nos mères. mais je garde espoir là ou il n'y en a plus, un jour ou l'autre on comprendra peut-être que jamais l'extrémisme n'a été une solution, n'avons-nous pas le modèle afghan, un peu moins l'Iran ?? et les récits d'autrefois de l'Abasside empire, ou de la flamboyante Andalousie, qui les a un jour lus ? dans quel monde et au nom de quoi, ces gens ont-ils vécu ? les mosquées dorées étaient pleines et pourtant, des poètes vantaient les beautés et l'amour non la haine...et ce passé n'est plus, notre présent vaut mieux que nos lamentations.
j'ai peur pour ma Tunisie qu'elle ne s'enlise dans ses paradoxes, qu'elle ne dérive, qu'elle ne s'oublie..j'ai peur pour mes concitoyennes de l'horreur de la réclusion et du non choix et pour mes concitoyens de l'intolérant et de l'éternel non, de l'odeur du moisi d'un esprit renfermé...
je m"indigne, je m'insurge mais je ne pourrais jamais contredire la liberté d'un choix la liberté d'une tête nue ou voilée, la liberté d'être libre ou de s'enchaîner...