vendredi, janvier 4

j'ai atteint le sommeil...


mais qu'avons-nous tous avec le sommeil?
je meurs de sommeil, je me languis de cette position d'abandon et de mort, de cette horizontalité inerte..de ce support qui n'est li talons aiguilles, ni le solide parterre...un lit !
j'ai pas choisi le bon mêtier, même pas les bonnes études, quand dieu donna le sommeil, il ne jugea pas nécessaire d'en donner à cette race hérétique d'architectes.
les voies du ciel sont impénétrables et le chemin vers le lit aussi...pas le temps de laisser ses plans, ses maquettes, ses idées consumées pour s'abandonner aux bras de Morphée...
surtout pas le temps d'abandonner le noir de l'autocad pour l'obscurité. mon festin c'est de me gaver de dormir, de conjuguer ce verbe à tous les instants, de le sentir sur ma chair, dans mon sang...dormir est une extase, un orgasme de repos...
je finis parfois de détester mon nom inscrit sur leurs listes, ces démons invisibles qui m'ordonnent de veiller, cette conscience ridicule qui incite à travailler.
et puis vient l'habitude de se déconnecter n'importe où, comme une voiture en panne dans les embouteillages, quand tous les garages, "ses lieux de repos" sont loins.
je suis une voiture usée jeune mais usée, une architecte qui souffre du mal de son mêtier, l'absence d'oreiller...

1 commentaire:

Mohamed Salama a dit…

un jour viendra où d'autres souffriront le martyr de l'insomnie pour toi, quand tes neurones se seront converties à d'autres activités non moins éprouvantes afin d'assurer la survie de ton cabinet dans la jungle des prédateurs les mieux placés sur la pyramide.