mardi, septembre 15

Anté- cèdant.



M’en veuillez pas si je tourne en rond, si je fume pour faire des ronds, si je baisse parfois la tête, si je courbe parfois l’échine, ne m’en veuillez pas de passer des fous rires aux larmes, de jouer les citadines, de se la jouer provinciale, de porter mes blue jeans et mes Ray ban…et dénigrer aussi, la coca cola.

Ne m’en voulez pas si je ne suis pas cohérente, si je suis croyante et féministe, si j’aime le rock et les seventies…si je suis la fille de mon temps et de croire encore au prince charmant.

Oui, je fais les boutiques avec un air nonchalant, oui je suis le pur produit de la société de consommation, mais j’arrive encore à pleurer, devant les documentaires où des enfants faméliques se font exploser en dessus des mines…

J’aime la french, et les bigoudis, et les jupes crayons, j’économise pour acheter un nouveau chemisier blanc, mais ça me fait un mal de chien de croire qu’en même temps, 3 femmes se font battre…et qu’une une minute, deux femmes sont violées au moyen orient.

Je ne supporte pas de voir la laideur, je ne supporte surtout pas la méchanceté, j’aime à croire qu’il y autant de gens bons que de belles chaussures. J’aime à croire qu’il y a autant de gens qui se démènent pour faire du bien que de gens qui dessinent les robes et qui testent les parfums. J’aime à penser que je ne porte pas de coton fabriqué avec les mains d’enfants. Que je ne marche pas sur des tapis qui ont abîmé les yeux de petites filles. J’aime à penser que comme la pub, la marque est lisse et sans secrets, que la sauce tomate concentrée est faite avec amour, que les vaches nous donnent leur lait de bon cœur.

J’aime à penser qu’il n’y a pas d’envers au décor…

Ne m’en voulez pas si je sais être superficielle, si je peux parler des heures des embouteillages et des recettes de pâtes et vous embêter aussi à propos de la pollution…je peux pleurer sur mon mascara qui coule, qui coule parce que j’aurai trouvé que les banquises qui fondent sont des maisons détruites pour les ours blancs.

Femelle mammifère parmi des milliards d’autres sur terre, je fais partie de cette espèce qui a colonisé toutes les niches et les continents, point parmi d’autres dans la mosaïque de la vie, je fais partie de ces êtres qui par chance sont le centre de leur vie…les rares que nous sommes d’être conscients que nous existons, et nous faisons de notre terre notre terrain de jeu et nous fabriquons et nous consommons…

J’aime à croire que je jongle entre deux fils et j’ai peur d’avouer que je ne sais tout simplement pas jongler. J’habite la jungle de la ville, je côtoie les fous et les charlatans, je passe devant les livres et les diamants…je m’arrache à ça, je me détache parfois…j’aime à croire encore, qu’il n’y a pas d'envers au décor.

8 commentaires:

Lolita a dit…

J'adooore :) On va devenir copines toutes les deux :)

Mohamed Salama a dit…

et cette jungle c'est vous qui la bâtissez, qui la proliférez , qui la créez à l'image d'un anti-poumon de la terre , tel un cancer, qui ronge les parcelles à coup de mastodontes de fer et investit la mer à coup de sable et de bulldozer, et culmine dans les airs avec ses colonnes de verre défiant éclairs et tonnerre.

un petit tribut de ma part, "un" humble cellule cancéreuse, galeuse et protozoaire

Mima a dit…

@lolita : quand tu voudras :-)
@mohamed : nous fabriquons l'anté-jungle, de la part d'une "connectée à la matrice"

24Faubourg a dit…

bravo jeune fille !

ice a dit…

@Mima: C'est la première fois que je tombe sur une féministe qui se traite de femelle mammifère !! Non mais quelle honte!!!
Ah oui, est ce c'est vrai que t'aime le rock!!?Oh mon dieu, quelle horreur!!

@Lola : Tu reves chérie, c'est ma copine à moi, je l'ai trouvé avant toi, files chez toi allez hop!

Mima a dit…

@ice :oasis coldplay, keane, ça c'est mon "rock" à moi :-)
et puis quoi mâle mammifère, ose te défier à la pyramide des espèces :-)

Mohamed Salama a dit…

si toutes les pures produits de conso étaient comme elles , je me serai converti en pro-féministes depuis des lustres

Mima a dit…

il n'est jamais trop tard pour le feminisme, c LA cause indémodable