mercredi, septembre 23

vous parler de LUI




Un homme, aux cheveux blancs, le sourire bon des gens qui savent ce qu’ils ont semé, le sourire des gens qui rêvent ou qui ont rêvé…

Vous parler de sa main aux légers tremblements, de sa voix qui me récitait le coran, de ses livres et des pages qu’on tournait ensemble, du couffin qu’on tenait à deux, vous parler de lui, c’est vous parler du sang…

Il est un homme qui vous donne la vie, un homme qui vous porte dans son cœur et sur ses épaules, qui vous épèle les mots, qui soigne vos maux, qui vous prend par la main quand le chemin est long, qui vous montre le bien, qui vous donne ses yeux et la couleur de sa peau…qui vous injecte son amour et son savoir, qui vous quitte un soir…

Je vous parle d’un homme qui a offert une rose à maman et lui a écrit des lettres et lui a donné son nom, et cet homme est mon père …et que les gens ne meurent que si on les oublie, et papa est vivant…

Dans ces mots, et la mémoire, dans mes feuilles éparses, entre les plis de robes d’enfant, dans l’encens et les livres que je lis en son nom…il est dans ma voix, dans ma voie, dans les méandres de ma foi…il est là où le souvenir le porte, là où il a passé ses doigts.

Il me racontait sur la route des saules, la course folle des atomes et les poèmes d’antan, il me chantait –faux- des vieilles chansons, il parlait pendant des heures de son amour pour les fleurs, pour la vie, et les vivants.

Papa a marché sept kilomètres à pieds pour étudier, il a fabriqué son cartable…papa m’a montré que les belles choses sont celles qui sont trompées de sueur, papa est bon. Pas d’imparfait, ce serait le tuer et les gens ne meurent que si on les oublie, et papa est vivant.

Vous parler de lui, c’est vous dire les milles gentillesses et ses sourires, c’est dessiner son dos courbé sur les livres, vous parler de lui c’est l’esquisse de ma mémoire, c’est l’essence de mon savoir, et c’est vous parler d’un rectangle blanc.
Ils diront qu’il ne reste que ça, qu’un bout de terre et du marbre, mais je ne crois pas.

Ils diraient paix à son âme, l’homme finit avec son pouls, là ou commence la douleur, non, l’homme survit par la douleur, par le manque et par le vide, la mémoire d’un homme n’est pas un fantôme, c’est l’éther qui remplit le néant, qui se vide dans le rêve et se vide dans les mots et se vide dans le sang.
Vous parler de lui, c’est l’aimer mille fois, et ce n’est pas me taire… vous parler de mon père.

6 commentaires:

Tunisia Mum a dit…

Coucou Mima, Salam à toi et aïdek mabrouk pour toi ainsi que ta famille et ceux qui te sont chers... J'ai pas lu mon retard sur ton blog... excuse moi. Je suis aux prises avec des islamophobes sur mon blog (pas celui de TM, l'autre...)
Je viendrai lire mon retard, c'est promis...
Et je vais écrire un article sur TM... y en a un qui trotte dans ma tête...

Mima a dit…

aidek mabrouk TM ainsi que les petits loulous...mais ne t'excuse pas ! bonne chance avec les détraqueurs de toute sorte, de toute façon s'ils sont là, c'est que tu déranges et c'est un compliment en soi. ne laisse rien trotter, écris écris :-)

Mohamed Salama a dit…

Son sang coule toujours dans tes veines, chaque cellule en toi est à moitié LUI, il vit. Et tu lui fais honneur à chaque soupir.

Zorbouzara a dit…

Une note à me donner la chair de poule qui me touche à fond : Ayant perdu mon père à l’age de deux ans et en pensant à mes deux filles quand je partirais les pieds en avant, sauf que, je ne leurs ai pas récité le coran !

Mima a dit…

ne t'inquiète pas de ce que tu n'as pas fait ou de ce que tu as fait, l'amour d'une fille à son père n'a pas besoin de preuves, ni d'engrais, ni de ciment...

Zorbouzara a dit…

Je ne m’inquiète pas pour ce que j’ai fait ou n’ai pas fait pour elles, mais justement, et comme tu le dis « l'amour d'une fille à son père n'a pas besoin de preuves, ni d'engrais, ni de ciment... », c’est pour le chagrin que leur causerait mon départ que je m’inquiète ! Bon j’espère que je serais vivant pour elles comme le tien (qu’il repose en paix).